Avant la finale de Coupe d’Europe, ce samedi face au Leinster, le troisième-ligne international nous dévoile comment le Racing 92 est devenu une équipe d’une solidité sans faille où l’apport de Dan Carter et de la culture All Black a joué un rôle déterminant.

Il nous reçoit dans sa maison de Meudon. Le lieu est ouvert, semblable à ce joueur prolixe. Le sol est jonché de jouets d’enfants, la cuisine encombrée de biberons. Yannick aussi a ses jouets : une guitare désaccordée et un Game Ready, appareil de récupération veineuse. «La récup, c’est la clef», assure Nyanga qui, à 34 ans, réalise une saison phénoménale. On s’installe dans le salon. Bientôt débarquera sa mère Marie-Jeanne, ainsi que sa compagne Laure et leurs deux enfants. Puis l’ouvreur Rémi Talès avec son épouse et leurs enfants. À la ville comme sur le terrain, Yannick Nyanga est aussi porté vers le collectif. Après dix années au Stade Toulousain, il a rejoint le Racing en juillet 2015 et en est devenu un élément moteur. Transmetteur d’énergie autant que de sagesse, Nyanga a accepté de nous livrer quelques clefs pour comprendre les interactions humaines au sein de son équipe.

Lors de votre demi-finale victorieuse face au Munster (27-22), une image a marqué les esprits : au lieu d’aplatir, Teddy Thomas a offert le ballon d’essai à Maxime Machenaud. Quel symbole faut-il y voir ?
Ce geste dit qui est Teddy. Si j’avais vu ça, sur le coup je lui aurais remonté les bretelles, parce qu’il a pris un risque… Mais ça correspond tellement au personnage. Teddy est un mec généreux, ce qui n’est pas évident au poste d’ailier, l’un des plus égoïstes du rugby, comme celui de buteur en foot. Il venait de marquer deux essais et aurait pu inscrire un triplé. Mais on était à Bordeaux, chez Maxime Machenaud. Alors il a tenu à lui faire ce cadeau. C’est beau.

Et que révèle cette scène sur l’état d’esprit général du Racing 92 ?
Elle représente la solidarité et le plaisir qu’on éprouve à être ensemble dans toutes les phases de jeu. Le talent d’une équipe se voit en attaque, mais son état d’esprit se révèle en défense. Ce n’est pas pour rien que la nôtre est la meilleure d’Europe et du Top 14. Au Racing, il n’y a pas de mec qui se cache, on est tous là les uns pour les autres. On est un beau mélange de fougue, d’expérience, et on a tous faim !

Comment naît l’harmonie au sein d’un groupe ?
La base consiste à connaître les gens avec qui tu bosses. Quand tu connais une personne, tu la respectes plus, tu la juges un peu moins. Tu n’approuves pas forcément son fonctionnement, mais au moins tu le comprends, et c’est énorme. Ensuite, il suffit de trouver un dénominateur commun à l’équipe et d’adapter le bon discours.

Connaître les gens, ça se fait à l’entraînement ?
Non, lors de moments de vie hors terrain : des soirées, des barbecues, un voyage en bus… On se nourrit de petits instants qui créent du lien. On capte aussi beaucoup de choses dans la façon de jouer d’un coéquipier. Notre talonneur Camille Chat est, par exemple, une pile électrique. Ultra-généreux, mais parfois de façon désordonnée. Il aime s’envoyer. Mais il a compris que cette qualité ne suffisait pas. Il a une volonté constante d’améliorer son jeu, notamment ses lancers en touche. Et nous, coéquipiers, préparateurs physiques ou mentaux, nous cherchons tous à l’aider.

Tous ? Il ne se sent pas mis à nu ?
Non, parce qu’on agit pour le bien commun. Dan Carter, le meilleur buteur au monde, est venu expliquer à Camille qu’il avait ressenti le même genre de…

 

Categories: Rugby, Une Rugby

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