Scénario, polémique, réaction, grande et petite histoires. Tout ce qu’il faut retenir du succès de Peter Sagan lors de la 2e étape du Tour de France, dimanche à La-Roche-sur-Yon.Le scénario : Même si les 117 premiers ont été classés officiellement dans le même temps, la victoire s’est jouée en petit comité à La Roche-sur-Yon. Les sprinteurs qui restaient à l’avant étaient privés de leurs trains, désorganisés ou dépeuplés par les chutes. En tête, Arnaud Démare a lancé le sprint le premier à 250 mètres de la ligne, dans un léger faux-plat montant, avant d’être débordé par Sagan, qui n’a gardé qu’une très courte avance sur la ligne sur un autre coureur capable de se débrouiller seul, l’Italien Sonny Colbrelli.

La polémique : John Degenkolb a porté réclamation pour avoir été tassé contre les barrières par le Slovaque. Elle a été rejetée alors que les images vue de dessus montrent que Sagan s’est déporté vers la droite derrière Arnaud Démare. «J’ai fait un sprint propre, en tout cas c’est ce que je ressens», a rétorqué le triple champion du monde, qui avait décidé de garder le maillot irisé plutôt que revêtir le maillot vert. De quoi faire resurgir le fantôme de son exclusion l’an dernier ? «Lors du sprint de l’an passé, tout le monde s’était fait déborder par la droite. Chaque sprint est différent. Quand tu es clair avec toi-même, il n’y a pas de problème». Circulez, il n’y a rien à voir.

Sagan fait coup double

Sa réaction : Avec Peter Sagan, il ne faut jamais s’attendre à des phrases pompeuses, ni à des déclarations dégoulinantes. Le Slovaque n’a pas montré de grande émotion même s’il était évidemment «très heureux», expression répétée à l’envi, à la fois parce qu’il a remporté sa neuvième victoire sur le Tour (ce qui le laisse encore en dehors du Top 30 historique des vainqueurs d’étapes), parce qu’il a endossé le maillot jaune (qu’il avait déjà porté trois jours en 2016), et que cela s’est passé devant son père et des amis de sa ville natale, Zilina, qui avaient effectué le déplacement. «Et ça c’est super sympa», a-t-il ajouté de sa voix légèrement nasillarde.

La grande Histoire : la dernière fois que le Tour de France était arrivé à La Roche-sur-Yon, préfecture de la Vendée, c’était il y a quatre-vingts ans jour pour jour à l’issue d’une courte étape de 62 km (la journée était en fait divisée en trois tronçons avec trois lauréats différents) partie de Nantes. Le vainqueur fut feu le Wallon Eloi Meulenberg. Comme Sagan, l’ancien vainqueur de Liège-Bastogne-Liège était champion du monde en titre. Et comme Sagan, il a totalisé neuf victoires sur le Tour dans sa carrière. Mais le Slovaque n’en a pas terminé.

La stat : Peter Sagan, qui a découvert la Grande Boucle en 2012, l’année de ses 22 ans, a désormais gagné au moins une étape lors de cinq Tours différents. Étonnement, le quintuple maillot vert ne s’était pas imposé en 2014 et 2015, années où il avait fini respectivement quatre puis cinq fois deuxième, battu aussi bien par de purs sprinteurs (Greipel, Kittel, Kristoff) que par des coureurs plus puncheurs (Trentin, Van Avermaet).

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