Dans un entretien avec «bleacherreport», Sadio Mané, l’attaquant vedette des Lions du Sénégal, ouvre sa boite de souvenirs. Avec passion, il relate son enfance, ses débuts difficiles quand il jouait pieds nus sur des terrains vagues, et surtout le refus de ses parents qui voulaient le voir devenir professeur, mais pas footballeur. 
  
Auteur d’un début de saison en fanfare avec Liverpool, avec 4 buts en quatre matchs, Sadio Mané a connu des moments difficiles avant de devenir joueur professionnel. L’attaquant sénégalais, devenu incontournable chez les Reds, souligne avoir connu une enfance normale, comme tous les jeunes de son âge. «On allait à l’école, jouait dans la rue avec des amis, passait du temps à la maison avec la famille», se souvient-il dans un entretien avec «bleacherreport. 
  
«Je ne suis pas un fêtard ou une personne qui voyage beaucoup» 
  
C’est dans son village qu’il a commencé à taper au ballon sur des terrains difficiles. «Ce n’était pas le meilleur terrain. Ce n’était pas vraiment fait pour le football, mais nous avons essayé de le faire, parce que c’est le genre de terrain qu’il y avait chez nous», raconte-t-il. Passionné de ballon rond, Mané se heurte par la suite au refus de ses parents de le voir jouer au football. Son père, imam de la mosquée de Bambali, ne voulait pas que son fils devienne footballeur, mais plutôt un enseignant. «Je suis né dans un village où il n’y avait jamais eu de footballeur ayant évolué au plus haut niveau. Quand j’étais petit, mes parents voulaient que j’étudie pour devenir professeur. Ils pensaient que le football était une perte de temps et que je n’y arriverais jamais. J’ai toujours dit : ‘’c’est le seul travail qui peut me permettre de vous aider et je pense avoir une chance de devenir footballeur’’», indique l’ancien joueur de Metz. 
  
«Beaucoup de projets sont en cours pour Bambali» 
  
Malgré le manque de soutien de ses proches, Sadio Mané ne s’est pas découragé. Au contraire, il a pris le risque de partir pour réaliser ses rêves. «Ils étaient contre, car j’étais loin de la capitale et personne ne l’a jamais réalisé dans mon village. Ils n’y ont jamais cru, jusqu’au jour où j’ai signé mon premier contrat professionnel», déclaré Sadio Mané. «Pour eux, ce n’était pas possible, mais je voulais réaliser mon rêve de devenir footballeur. J’ai tout donné pour y arriver. Par la suite, ils ont compris que c’était mon choix et on a commencé à m’aider et cela a fonctionné. Aujourd’hui, ils sont tous fiers», poursuit le vice-capitaine du Sénégal. 
Musulman pratiquant, Mané mène une vie tranquille, loin du football, et se dit très heureux de pouvoir regarder des séries télévisées (Game of Throne), des films d’action et des matchs de football à la télévision. «Je ne suis pas un fêtard ou quelqu’un qui voyage beaucoup. Quand je ne joue pas au football, je préfère récupérer et passer du temps avec mes amis et ma famille. Pendant les vacances, je retourne toujours dans mon village pour passer du temps avec ma famille et mes amis d’enfance», explique-t-il. 
  
«El Hadji Diouf est un exemple pour moi» 
  
En avril dernier, Sadio Mané avait construit un lycée moderne à Bambali, à hauteur de 150 millions francs Cfa. Sans oublier les 300 maillots qu’il a envoyés à son village lors de la finale de League des champions perdue devant le Real Madrid (1-3). Ayant connu une carrière  difficile, il veut, à travers ces gestes, offrir de meilleures opportunités aux jeunes résidents de Bambali. «C’est l’un de mes principaux objectifs. Il y a beaucoup de projets en cours. Avec le temps, je pense que ces projets vont se concrétiser et, à l’avenir, j’espère qu’il y aura d’autres Sadio Mané», glisse-t-il. Au sujet de ses idoles d’enfance, Sadio Mané désigne l’ancien Ballon d’or sénégalais et le Brésilien Ronaldinho. «Quand j’étais jeune, j’avais beaucoup de footballeurs préférés, mais Ronaldinho était mon véritable favori, avec El Hadji Diouf. Ils m’ont vraiment inspiré. Ces deux joueurs étaient des exemples pour moi, en tant que footballeurs. Ils étaient des joueurs habiles et de bons dribbleurs qui battaient facilement leurs adversaires», indique Mané, qui précise qu’il était un très bon dribbleur étant jeune ; maintenant qu’il a plus d’expérience, il y a des choses inutiles dans son jeu qu’il a  gommées. «Il s’agit  de marquer des buts pour l’équipe comme le faisaient mes idoles lorsqu’ils étaient au sommet de leur art». 
  
Mansour SAMB 

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