La complainte de l’entraîneur national de basketball Abdourahmane Ndiaye «Adidas», dénonçant les  retards notés dans le début de la préparation de l’équipe nationale n’est pas un phénomène nouveau dans le sport de haut niveau au Sénégal. Et ils sont légion durant  les  grandes compétitions internationales. Du côté du ministère, les dysfonctionnements, les impairs dans la  prise en charge correcte de la demande des sportifs sont à imputer aux exigences des règles de comptabilité publique. Et il y aura toujours des manquements parce que le sport de haut niveau dépend de l’argent public, qui n’est pas toujours mobilisable à temps. Mais derrière l’explication technique livrée par les services du ministère de sports, la direction de la haute compétition nationale qui s’est muée en direction de la gestion du sport de haut niveau, la solution reste la création d’une «fondation du sport» qui, sera la seule entité habilitée à capter des fonds publics pour répondre aux exigences du sport de haut niveau.

La sortie de Abdourahmane Ndiaye Adidas, fustigeant les couacs notés dans le démarrage de la préparation de l’équipe nationale de basket n’est pas un phénomène isolé dans le sport sénégalais. Le phénomène est même récurrent et  il est soulevé de façon constante à la veille ou à la fin des compétitions internationales. Si ce ne sont pas les perturbations liées aux transports ou encore des conditions de regroupement ne manquent de surgir et étaler au grand public.

Et ce sont souvent les athlètes sénégalais, pris individuellement, qui éprouvent souvent des difficultés  à rentrer en disposition de  leurs fonds ou de leurs primes qui leur sont dus. Si le phénomène s’est atténué depuis quelques années,  les cas sont légions et  surviennent d’une manière récurrente au fil des campagnes. 

Et  beaucoup de fédérations ne sont épargnées. Les complaintes sont de toutes sortes.

L’Afrobasket 2017, co-organisée entre le Sénégal et la Tunisie, en septembre 2017, pour rester dans  cette discipline qui a donné beaucoup de lauriers et sans doute éloquent.

Les basketteurs, on se vient, étaient déjà montés au créneau, en pleine préparation, avec  la décision prise par la bande Maléye Ndoye de bouder les entraînements  s’ils ne recevront pas la preuve du paiement de leurs primes d’assurance couvrant la période de leur présence en sélection.  Ce seront  manquements  qui ont été portés au grand jour après la participation du Sénégal deux ans plutôt à l’Afrobasket 2015.

 A côté de la qualité des repas, on a aussi assisté à  l’errance des joueurs de l’équipe nationale à l’aéroport avec l’épuisement de l’’enveloppe. L’Etat n’était pas dans les mesures de payer les primes indemnités de demi-finale qui s’élèvent à 2 millions à l’Afrobasket à Tunis.

Les perturbations et problèmes de réservations allaient ensuite se greffer à un problème de vol des «Lions» de basket à Tunis.  Que dire de  l’affaire Gorgui Sy Dieng qui a été portée sur la place publique après la sortie de l’international sénégalais exigeant le remboursement par l’Etat de 38 millions francs Cfa prêtés  pour le paiement des primes et pour  l’hébergement de l’équipe nationale  au cours de la préparation  de l’Afrobasket 2017 ?

Et c’est le ministre des Sports qui a dû s’y mettre pour  s’expliquer et parler de «question administrative» qui sera ainsi  réglée que par un réaménagement budgétaire.

Derrière ce constat, le sentiment  qui se dégage dans les autres disciplines, est la part belle qui est accordée au football. Pour ne pas dire du deux poids, deux mesures dans les différents budgets du département des Sports au vu du traitement entre le football qui se taille déjà la part du lion dans le budget du sport et  bénéficient d’un traitement spécial (vol spéciaux primes, hotels de luxe) et sans toujours de résultats probants.

Au point  que nombre d’observateurs y ont vu un manque de considération où même d’équité de la part du ministère des sports.  Un sentiment qui n’est  loin d’être compris et accepté, au vu de leur palmarès.

Comme l’ont laissé entendre il y a quelques jours,  les athlètes sénégalais présents à Asaba (Nigeria)  pour les derniers championnats d’Afrique seniors d’athlétisme. Ces derniers n’ont pas  hésité pour déplorer leur condition, de faire éclater leur  frustration par rapport  « à l’intérêt immense accordé au football ». Une discipline qui s’accapare, sans résultats probants, des deniers de l’Etat au détriment des autres disciplines sportives.  Au point que d’aucuns n’ont pas hésiter à l’assimiler à une manque d’équité du département des sports voire de considération.  

Mamadou Vieux Ndoye dédouane l’Etat

Pour avoir pris part à plusieurs campagnes avec l’équipe  du Sénégal,  l’ancien meneur des Lions,  Mamadou Vieux Ndoye reste moins tranché. Il dédouane même la tutelle sur cette perception et de l’origine des impaires qui surgissent.

«Il y a certains retards indépendants à certaines structures. L’argent ne vient pas du ministère des sports. C’est le ministère de l’économie qui gère. Et qui connait l’administration sénégalaise, sait qu’il est un peu difficile de sortir de l’argent. Depuis que je jouais en équipe nationale, il y a eu des retards. Mais on ne peut pas dire que le football est privilégié par rapport aux autres disciplines. Les autorités vont y remedier. Les  préoccupations du coach Abdourahmane Ndiaye Adidas ont été réglés», releve-t-il.

«C’était pire avant 2012. Depuis 2013, on a noté une réellle amélioration. A l’Afrobasket à Abidjan en 2013, on n’avait pas de problèmes. En 2014, durant le Mondial non plus. Tout a avait été réglé en amont. Dans  cette période, il y avait beaucoup de compétitions. Deplacer l’équipe du Sénégal à Madagascar pour les éliminatoires de la Can est une chose très difficile, sur le plan de la logistique. L’Etat est aussi en fin d’exercice. On est en mois de septembre. Les U18 jouaient à Bamako, le Karaté était aussi à Kigali. Il y avait tout cela à gérer»,  explique-t-il.

 Du côté du ministère des sports, on soutient les nombreux impairs notés à la veille des compétitions particulièrement les problèmes de transports des athlètes, la réclamation du paiement des primes,  sont limités par sur les règles de comptabilité publique et se traduisent par les problèmes de décaissement lors des campagnes.

L’intervention de l’Etat dépend, selon Souleymane Douda Diop, directeur de la haute compétition, par des règles classiques. En ce  sens que les dépenses qui sont  inscrites au sport obéissent aux mêmes procédures d’exécution conformément aux règles de la comptabilité publique. Alors que le financement du sport de haut niveau se caractérise par des actions répétitives, urgentes et ponctuelles qui nécessitent un mode de gestion autonomisée.

 Dans cette perspective, seule l’érection de la Fondation du sport est à même de  répondre à ce mode de gestion correcte du sport de haut niveau. 

Cette  structure  souhaitée par le  mouvement associatif  notamment les sommités du sport, des juristes, des économistes, cadre du point de vue du directeur de la haute compétition, va  mieux faciliter la levée des fonds.

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