Seule sur sa planète: l’Américaine Simone Biles a remporté jeudi un quatrième titre mondial au concours général. Elle devient la première gymnaste à réaliser une pareille performance et inscrit ainsi encore un peu plus son nom dans la légende de la discipline.

A Doha, au Qatar, Biles effectue son retour à la compétition internationale après ses fastueux Jeux olympiques à Rio. En août 2016, elle était rentrée du Brésil la valise remplie de cinq médailles, dont quatre en or: concours général, sol, saut et par équipes, plus le bronze à la poutre.

Elle avait coupé après Rio, puis avait révélé en janvier qu’elle faisait partie des victimes de Larry Nassar, ex-médecin de l’équipe féminine de gymnastique à l’origine d’un des plus graves scandales de l’histoire du sport américain, condamné lourdement pour des centaines d’agressions sexuelles commises pendant deux décennies. Elle n’a repris la compétition que fin août aux Etats-Unis.

Mardi, elle a décroché au sein d’une équipe américaine renouvelée l’or mondial collectif, reléguant la concurrence très loin.

Mais, jeudi, ça n’a pas été de tout repos pour Simone Biles d’aller chercher cette marque, pour effacer des tablettes la mythique Russe Svtelana Khorkina, triple championne du monde du concours général en 1997, 2001, et 2003.

“Ca a probablement été la médaille olympique ou mondiale la plus compliquée à aller chercher, et celle où je me suis fait le plus peur”, a-t-elle reconnu en conférence de presse.

– Biles sur les fesses –

Ce qui devait être une démonstration s’est très vite transformé en guerre des nerfs. Dès le premier agrès, Biles a tenté son saut inédit réussi en qualifications et qui porte désormais son nom. Mais en finale, la réception a été bien plus compliquée et l’Américaine de 21 ans s’est retrouvée sur les fesses. De quoi perturber la quiétude de la souriante athlète.

Visiblement crispée tout au long de l’après-midi après cette entame difficile, Biles a une nouvelle fois chuté, dans un mouvement à la poutre accompagné de plusieurs déséquilibres.

Malgré ces imperfections notables, la petite gymnaste (1,45 m) s’est tout de même retrouvée en tête avant le dernier passage, au sol, grâce à ses notes de difficulté bien plus élevées que celles de ses adversaires.

“Je crois que j’ai causé une crise cardiaque à tout le monde, mais c’est ainsi. Même les meilleures tombent. J’étais indéniablement sous le choc”, a-t-elle expliqué.

Elle avait toutefois déjà grillé tous ses jokers et s’est retrouvée dos au mur sur un appareil dont elle est triple championne du monde. Et malgré une petite sortie de tapis, elle a fait la différence.

Elle s’impose finalement avec 1,693 point d’avance sur sa première rivale, la Japonaise Mai Murakami, impeccable dans l’exécution mais avec moins de difficulté. La médaille de bronze est revenue à la seconde Américaine en lice, Morgan Hurd, sacrée en 2017 en l’absence de Biles.

– De Jesus dos Santos confirme –

Côté français, Mélanie de Jesus dos Santos visait une place sur le podium, ce qui aurait été une première dans l’histoire de la gymnastique féminine française. C’est raté, mais de peu (133/1000e de point) et la gymnaste de 18 ans confirme sa 5e place aux Mondiaux-2017 à Montréal, acquise sans Biles.

Avec ce douzième titre mondial, l’Américaine vole de record en record. Alors que la durée de vie sportive d’une gymnaste est bien moins importante que celle d’un gymnaste, Biles a égalé le record du Bélarusse Vitali Scherbo.

Chez les femmes, au niveau des titres mondiaux individuels, Biles égalise avec Khorkina: neuf partout. Et avec seize médailles individuelles et collectives, elle se rapproche à quatre unités de la référence de Khorkina (20). Ca tombe bien: elle doit encore participer aux quatre finales par agrès vendredi et samedi.

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