Menée par l’Angleterre, la Croatie a trouvé les ressources pour s’imposer au bout de la prolongation et ainsi se qualifier pour la première finale de Coupe du monde de son histoire (2-1, a.p.). Ça sera contre la France dimanche à Moscou (17h00).

La Croatie, petit pays de quatre millions d’habitants indépendant depuis un quart de siècle, est en finale de la Coupe du monde. La génération dorée portée par Luka Modric a dépassé ses glorieux aînés en se hissant sur la dernière marche avant le sacre mondial. Les Vatreni ont éliminé l’Angleterre, pays fondateur du football, dans une demi-finale où la détermination a pris le pas sur des corps endoloris par des prolongations à répétition. Reste qu’au bout des 120 minutes, c’est bien la Croatie qui a obtenu le droit de jouer l’équipe de France dimanche dans ce même stade Loujniki. Les Anglais affronteront les Belges samedi à Saint-Pétersbourg pour la troisième place.

La rencontre a parfaitement débuté pour l’Angleterre. Au bout de quelques minutes, les hommes de Gareth Southgate ont obtenu un bon coup franc après une faute de Luka Modric sur Dele Alli. Kieran Trippier a trouvé le moyen de nicher le ballon sous la barre de Danijel Subasic, un peu trop confiant sur la capacité de son mur à s’interposer (5e). Avec cette ouverture du score, les Three Lions pensaient avoir fait le plus dur. La sélection anglaise s’est alors progressivement retranchée dans sa moitié de terrain, laissant le soin aux Vatreni de s’exposer.

Le plan fonctionnait bien et le jeu rapide proposé par l’Angleterre a donné quelques suées à la défense croate. Ces attaques éclairs capotaient cependant dans le dernier geste à l’image de Jesse Lingard qui a manqué le cadre malgré une bonne position de frappe. De son côté, la Croatie est contrainte de tenter sa chance sur des longs ballons ou des tirs à mi-distance, repoussés sans trop de mal par le quinté défensif anglais jusqu’à l’heure de jeu.

Sime Vrsaljko, passeur puis sauveur sur la ligne (Reuters)
Sime Vrsaljko, passeur puis sauveur sur la ligne (Reuters)

C’est à cet instant que la Croatie, peu inspirée depuis le coup d’envoi, a retrouvé un peu d’allant. Les Vatreni se sont trouvés un sauveur en la personne d’Ivan Perisic. Sur le long centre délivré à droite par Sime Vrsaljko, le milieu offensif de l’Inter Milan a surpris Trippier et Kyle Walker pour battre Pickford d’une volée du gauche (68e). Quatre minutes plus tard, l’ancien Sochalien a manqué un geste «Thuramesque», son tir du gauche heurtant le poteau (72e). Ce sentiment de révolte a redonné un peu de rythme à un match qui ne tenait pas toutes ses promesses. Le dernier quart d’heure, plus débridé, n’a toutefois pas été le théâtre d’une décision.

La Croatie s’est donc hissée pour la troisième fois de rang en prolongation. Trente minutes qui ont démarré avec un coup dur et une frayeur. Ivan Strinic a dû laisser sa place au bout de cinq minutes, touché à la cuisse droite, et Vrsaljko s’est mué en sauveur en repoussant sur sa ligne une tête de John Stones. La libération est venue de Mario Mandzukic, oublié dans la surface par la défense anglaise. L’attaquant de la Juventus Turin n’a pas gâché la déviation de Perisic de la tête. Déterminés comme jamais, les Vatreni se sont épargnés une troisième séance de prolongation.

Le joueur : Ivan Perisic

Alors que la Croatie était en sursis dans ce Mondial, le milieu de l’Inter Milan a su prendre un risque payant pour remettre sa sélection à la hauteur des Three Lions. Ses changements d’aile incessants avec Ante Rebic ont perturbé Ashley Young et Kieran Trippier. Perisic a énormément tenté pendant toute la rencontre et ses efforts ont été payants. Sur ses sept tirs, il a marqué le but de l’égalisation et trouvé un poteau. Peu en réussite sur ses centres, il s’est rattrapé avec une passe décisive en fin de match sur une déviation de la tête.

Voir l'image sur Twitter

Le fait : un match en plus dans les jambes

En finale, l’équipe de France aura un net avantage sur la Croatie en termes de fraîcheur physique. Alors que les Bleus se sont qualifiés à chaque fois au cours du temps réglementaire, la Croatie a dû aller au bout des 120 minutes à chaque tour de cette phase à élimination directe. Au moment de faire les comptes, les Bleus ont joué 4h30 depuis les huitièmes de finale alors que les Vatreni ont cavalé pendant six heures. Par ailleurs, les Français bénéficient d’un jour supplémentaire pour récupérer de leur demi-finale. Au moment de jouer la finale, tous ces éléments n’auront peut-être qu’un mince impact sur la rencontre, mais comme on dit souvent dans ce sport: «à ce niveau, ça se joue sur des détails». 

Jean-Baptiste Caillet

Comments are closed.

  • Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

    Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.