Elimane Diouf n’est plus coach du Jaraaf : « Je sors par la grande porte »

 

Basket221 – Que se passe t-il au Jaraaf ? Après les départs de Malick Bachir Diop, Issa Gaye les saisons précédentes, le Jaraaf vient de se séparer de Elimane Diouf. Et cela après douze journées de championnat seulement. Nous avons joint le désormais ex-coah du club de la Médina pour vérifier l’information et surtout en savoir plus sur les raison de son départ. Elimane Diouf s’explique.

Basket221 : Coach, vous quittez le Jaraaf, y’a t-il eu des problèmes ?

« Je ne dirai pas problème, parce que c’est d’un commun accord entre les deux camps. C’est le sport, mais je pense que dans une équipe s’il y a certaines choses mieux vaut se séparer. Je respecte l’emblème du club, je respecte les dirigeants, le staff et tout ce qui m’on soutenu dans ce rôle de coach du Jaraaf. Mais le plus important c’est l’expérience que j’ai pu y emmagasiner et qui pourra me servir plus tard. Aujourd’hui si je quitte le Jaraaf, ce n’est pas pour un travail pas fait ou mal fait, ou pour insuffisance de résultats parce que nous sommes au milieu du tableau et les 5ème et 6ème ne nous devancent que de deux ou trois points. Il y a de ces choses que certains coachs peuvent accepter moi non, et je ne les étalerai pas ici. Mais au fond de moi je sais que je sort par la grande porte. »

 

Est-ce que ce n’est pas la défaite contre le Saltigué qui en est à l’origine, même si derrière on a vu votre victoire contre la Jeanne D’Arc après ?

« Non ce n’est pas la défaite contre le Saltigué. Si c’était le cas je n’aurai pas été sur le banc au match suivant contre la Jeanne D’Arc (ndlr : qu’ils ont battu de 21 points / 41-62). Il y a autre chose. Mais je dirai que dans ce championnat toutes le équipes se valent, à part trois ou quatre équipes en tête du tableau. Osons le dire, quand on me donnait l’équipe on était amputé de deux de nos meilleurs éléments de la saison dernière. Khady Ndiaye et Fatou Diop parties en France. L’équipe n’a eu aucune recrue, seules ce qui étaient là ont continué. J’étais obligé de faire avec pour amener l’équipe à ce niveau. On était sur la bonne voie. Je sais en âme et conscience qu’on était sur une bonne phase. On a commencé à retrouver nos repères après un début de saison difficile. Malheureusement l’aventure s’arrête ici. Peut-être que c’est dû à ma forte personnalité. Moi en tout cas je garderai toujours mon honneur et ma dignité (il le répète) dans tout ce que je fais et où que je sois. Je resterai toujours moi-même et je ne changerai pas. Il vaut mieux se retirer et laisser un bon souvenir que d’insister et de se transformer en quelque chose de pesant. Et on ne perd pas ce qu’on a jamais eu et on ne garde pas non plus ce qui n’est pas à nous. C’est un club que je respecte beaucoup. Et encore une fois ce n’est pas un problème de résultats, mais c’est plus profond. Il y a de ces choses que je ne peux pas dire. Mais eux et moi savons. Le problème spécifique ce n’est pas celui des résultats, ni un problème avec les joueuses. Chapeau à elles d’ailleurs et à l’encadrement technique. Le problème est purement entre responsables. Et j’ai préféré qu’on se sépare en de bons termes. Il faut dire aussi que quand je prenais l’équipe, l’objectif qui m’était assigné n’était pas de prendre une coupe. On m’avait parlé de projet. Je voulais bâtir une équipe dans la durée. Mais c’est au bout de douze journées que l’aventure s’arrête. On est parti de rien, encore une fois, pour asseoir une équipe compétitive. Et maintenant c’est aux acteurs de juger le travail abattu. »

 

Elimane Diouf quitte le banc du Jaraaf pour aller où maintenant ? Avez-vous d’autres contacts de clubs ou vous retournez à la formation des jeunes ?

« La formation, ça ça continue toujours. Même dans le coaching on le faisait parce qu’on a un centre de formation qui fonctionne 12 mois sur 12. Cette saison je peux dire que beaucoup d’équipes, je leur ai fourni des joueurs et joueuses telles que l’ISEG et autres. D’autres aussi sont partis à l’étranger. On me connait dans la formation mais cela n’empêche, coacher en club ça entre dans mon plan de carrière. J’ai déjà des contacts mais je ne prendrai pas n’importe quelle équipe. Mais celles dont le profil correspond au mien. Je vais attendre d’avoir une opportunité à saisir et je le ferai. J’ai un plan de carrière à suivre. J’ai fait les Young coach 1 et 2, j’ai le diplôme d’animateur-initiateur, j’ai le 1er et le 2e degré et j’ai également le Niveau 1 FIBA. Et je crois qu’il n’y a aucun stage où je ne se suis pas sorti parmi les trois premiers. Et pour certains je suis sorti major de ma promotion. Qui me connait sait que j’ai de l’expérience, je suis un bosseur, je suis ambitieux et je suis passionné dans ce que je fait. Les gens me reconnaissent d’ailleurs comme un bosseur et où que je puisse aller je le démontre, donc pour revenir dans un club ce n’est pas difficile. J’étais à la J.A, j’en suis sorti pour revenir après, pareil pour le Jaraaf. Et il n’y a aucun club que je quitte et où je ne pourrai retourner parce qu’il savent que je suis un bosseur. Maintenant on est pas pressé et on ne va tendre la main à qui que ce soit pour travailler. La dignité, la loyauté dans laquelle on a été éduqué ne nous permet pas d’aller quémander quoi que ce soit pour coacher une équipe. On rend grâce à Dieu qui a voulu que cette mission s’arrête ici. C’est une bataille qui s’arrête mais la guerre est toujours devant nous. Et tant qu’on le pourra, on rendra service au basketball qui nous a tout donné. »

Un dernier mot peut-être pour terminer ?

« Je tenais à remercier d’abord Mathiam Thiam de Pikine Basket Club. Si j’en suis là aujourd’hui c’est grâce à lui. Mon passage à la Jeanne D’Arc je ne l’oublierai pas aussi avec Cheikh Fall et feu Ousseynou Ndiaga Diop. Ils ont beaucoup contribué dans ma carrière. Pa Coulibaly du Jaraaf qui m’a permis de faire éclore mon talent, si je peux m’exprimer ainsi. Il m’a appuyé sur tous les plans et ça je ne l’oublierai pas. Je remercie aussi « Pa » Jean Sambou qui est un de mes repères et conseillers. Moustapha Gaye qui est ma référence dans le basket, je ne vous le cache pas. D’ailleurs ce qui m’a le plus marqué dans ce championnat c’est mon premier match contre Ville de Dakar parce que j’avais longtemps rêvé de disputer un match contre lui. Je remercie encore le Jaraaf qui m’a donné cette opportunité là. Je remercie de tout cœur les joueuses du Jaraaf qui m’ont rendu le respect et qui ont bien suivi mes directives. Elles ont bien consommé ma philosophie. Merci à mon staff, au coach Arnold. Chapeau au coach Massaer, mention spéciale à lui. Lui et moi savons. Je donne rendez-vous bientôt et je dis encore que je ne ferme ma porte à aucune équipe. Si le contact s’établit, on verra après si la collaboration peut se faire surtout si nos principes de travail sont les mêmes. »

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