Décidément, il se trouve presque chaque jour qui passe dans ce Mondial russe quelque chose pour nous rappeler nos Lions, leurs déclarations fracassantes jamais suivies d’effet, leur tournoi raté et leur occasion manquée de marquer l’histoire. Ou, en tout cas, de se montrer dignes de leurs aînés qui, en 2002, avaient réussi à se hisser jusqu’en quart de finale de la Coupe du monde en Corée du Sud et au Japon. Tenez, par exemple, la Croatie ! Malgré l’immense talent des Modric, Mandzukic, Rakitic et autres Subasic, l’actuelle génération a toujours évolué sous l’ombre de sa devancière de 1998, les Suker, Boban et autres Prosinicki demi-finalistes du Mondial en France. Sous les ordres de Slaven Bilic, un des héros de 1998, et aujourd’hui conduits par Zlatko Dalic, ils se sont contentés de creuser patiemment leur sillon, de construire leur propre histoire. Surtout dans cette compétition en terre russe où lors de leurs trois matches à élimination directe, ils sont allés au bout d’eux-mêmes pour remporter la victoire et gagner le droit de disputer la finale, dimanche prochain.

Et maintenant seulement, ils osent (à peine) élever la voix pour réclamer leur part de lumière. « On vivait tous avec les résultats de 1998 », a dit leur coach Zlatko Dalic, une fois le billet pour le dernier acte composté. Il ne s’est même pas hasardé à soutenir que ses joueurs ont dépassé leurs glorieux anciens. Peut-être pour le respect que l’on doit sous tous les cieux aux pionniers, aux premiers à… Or, nos Lions ont commencé à fanfaronner après leur victoire d’entrée qui est restée la seule d’ailleurs. Ils se voyaient déjà les égaux des « grands ». Or ces derniers, en plus d’avoir disputé une finale continentale quelques mois plus tôt au Mali, avaient battu la France, tenu en échec le Danemark, beaucoup souffert mais pas rompu contre l’Uruguay et crucifié la Suède en huitièmes de finale pour gagner leurs galons de « héros ». Même si, en quarts de finale face à la Turquie, ils avaient raté une belle opportunité de se hisser dans le dernier carré mondial.

A la veille de disputer la première finale mondiale de leur petit pays de 4 millions d’âmes, les joueurs croates refusent de s’en contenter.

« Jouer une finale de coupe du monde, c’est une opportunité qui ne se représentera sans doute pas ». Alors, ils la joueront à fond. Rien que jouer une coupe du monde, c’est un évènement dans la vie d’un footballeur. Nos Lions ont alors si fortement réclamé leur part de lumière qu’ils ont fini par s’y éblouir et faire cette sortie de route au bout de trois matches seulement.

B. Khalifa Ndiaye

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