Coupe du monde de sabre masculin : Dakar à la hauteur des attentes

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Dakar a abrité, entre vendredi et dimanche derniers, la première étape de la Coupe du monde de sabre masculin d’escrime. Une compétition globalement satisfaisante pour plusieurs raisons, selon la présidente du Comité d’organisation, le président de la Fédération américaine ou encore, le sélectionneur du Sénégal.

L’étape de Dakar de la Coupe du monde de sabre masculin a donné le ton de la nouvelle saison mondiale d’escrime. Une manifestation disputée du 4 au 6 novembre, au Grand Théâtre national où 95 athlètes de 21 pays étaient en lice. Pour Cécile Faye, présidente du Comité d’organisation, c’est un défi qu’il fallait relever et ses collaborateurs ont assuré. « Sur le plan de l’organisation, c’est un bilan satisfaisant. Quant à la participation, il n’y a pas eu trop de surprises », a-t-elle dit. Pour l’organisatrice en chef, l’autre défi en abritant la compétition, c’était celui de la massification. Un aspect qu’elle juge également réussi avec le public qui a répondu présent, en particulier lors de la journée de samedi où la « salle était pleine ». Elle a rappelé qu’en marge de la manifestation, le Programme « Fencing Mob » mis en œuvre a permis d’intéresser les jeunes à la pratique avec un ensemble d’activités qui ont été menées à cette occasion. Ce qui lui fait dire que « tous ces enfants ont envie de faire de l’escrime ; maintenant, il faut trouver le moyen de les équiper tous pour leur permettre de continuer ce qu’ils ont commencé pendant la Coupe du monde ».

Karl AnthonyKarl Anthony, président de la fédération américaine : « Le niveau est relevé malgré quelques défections »
Pour le président de la Fédération américaine, Karl Anthony, la compétition de Dakar « fait partie des meilleures compétitions auxquelles j’ai participées. Que cela soit sur le plan de l’organisation que de la participation ». Surtout le fait que les athlètes aient été « logés ensemble dans le même hôtel ; ce qui est extraordinaire et difficile à réaliser ». Pour le président de la Fédération américaine, ce fut une compétition de niveau très élevé. Malgré les absences de trois grands pays comme la Russie, l’Ukraine et la Chine. « Nonobstant ces absences, la compétition a été d’un très bon niveau et cela s’est vu à travers les résultats », a dit Karl Anthony. Qui s’est réjoui de la progression des athlètes africains.

John Kamaté, entraîneur national : « Des améliorations pour nos athlètes »
« La participation sénégalaise est globalement positive, pas en termes de classement mais de bien se comporter face aux adversaires », a-t-il dit. Puisqu’à ses yeux, ses hommes se sont bonifiés. Ainsi, ce n’est pas le résultat immédiat qui compte pour lui et son adjoint Mamadou Keïta mais de tirer pas mal d’éléments instructifs pour la suite ; ce qui est l’idéal pour ce genre de compétitions. Mais le camp sénégalais est au regret de savoir que la compétition s’arrête à Dakar dans l’incapacité de se déplacer pour disputer les autres étapes du circuit. Ce qui désole le technicien qui estime que les jeunes ont besoin de compétitions comme celle-là avant les Championnats d’Afrique. « C’est là où on aura le temps de se préparer correctement, de faire les tests mais aussi donner la chance aux compétiteurs », a-t-il. Estimant que les athlètes sénégalais se rendent en Championnats pour faire face aux Egyptiens, aux Tunisiens ou encore aux Algériens qui ont fait tout le circuit mondial de l’année. « Donc ils sont déjà aguerris et lorsqu’ils viennent, ils commettent moins de fautes ».

La compétition de Dakar a ouvert la nouvelle saison en escrime. Un peu plus de deux mois après les Jeux olympiques. Et la fraîcheur physique a fait des victimes dont le vice-champion olympique, l’Américain Daryl Homer qui n’a pu faire mieux qu’une place en demi-finales, battu par l’Italien Enrico Berre. Une situation qui en dit long sur le niveau des antagonismes durant ces trois jours mais qui est également révélatrice d’une certaine réalité, selon le sélectionneur national John Emerson Kamaté. « Le sabre en escrime est une compétition un peu compliquée : on peut être compétitif aujourd’hui et l’être moins le lendemain. Le niveau est très proche et la performance dépend de la forme du jour », a estimé M. Kamaté. Pour qui les 32 ou les 16 meilleurs ont des niveaux similaires : « l’un peut gagner et l’autre créer la surprise le lendemain. On ne peut pas dire vraiment qui est le meilleur ; c’est seulement la constance qui compte ». Pour lui, l’Iran est la surprise ; après avoir fait une bonne prestation en individuels aux Jo avec un Iranien en demi-finales, l’équipe a remporté la Coupe du monde à Dakar, confirmant sa progression.

Pape Khassoum Touré, meilleur arbitre mondial de sabre « Seul le travail paie 
Un arbitre mondial sénégalais on en connaît plusieurs, mais un arbitre mondial sénégalais qui dirige une finale mondiale d’une discipline olympique et sportive et qui est désigné meilleur arbitre mondial, seul le cas de Pape Khassoum Touré est connu pour le moment. Et l’information est passée presque inaperçue du public sportif sénégalais, mais elle mérite d’être soulignée.

Pape Khassoum TourePape Khassoum Touré, ancien athlète et entraîneur de l’équipe nationale de sabre qui vit maintenant au Koweït pour les besoins de son travail d’arbitre, a été désigné meilleur arbitre mondial 2016 par la Fédération internationale d’escrime. Escrimeur hors pair issu de la première promotion des maîtres d’armes de l’Eima (Ecole internationale des maîtres d’armes de Dakar), il a été aussi le premier Sénégalais à décrocher un contrat comme entraîneur à l’extérieur. Et c’est le Koweït qui lui a ouvert ses portes afin qu’il lui apporte son expérience dans le coaching. Depuis lors, l’ancien sociétaire du centre Hervé Pierrot de Dakar, du nom de ce Français qui a aidé à sa formation, n’en finit pas de gravir les échelons. « Ça fait cinq ans que je suis au Koweït mais je viens souvent au Sénégal et je suis toujours en contact avec les dirigeants de la fédération », a indiqué ce digne ambassadeur de l’escrime sénégalaise.

Et pour preuve, Pape Khassoum Touré a été désigné par le comité exécutif de la Fie comme meilleur arbitre mondial en 2015. Un titre qui a été précédé par le choix porté sur lui par la Fie pour arbitrer la demi-finale de sabre aux Jo de Pékin 2008 et la finale aux Jo de Londres 2012. A Rio 2016 également, il a arbitré la demi-finale et a été assistant de la finale. Pour dire que l’homme a une certaine expertise reconnue par ses pairs et les hautes autorités de la Fie. Avec trois Jeux olympiques à son actif comme arbitre, Pape Khassoum Touré a de quoi être fier de son travail. Au Koweït où ses services sont appréciés par ses dirigeants, il avait d’abord débuté avec le club Qadsia qu’il a aidé à tout remporter au niveau national sans oublier le championnat arabe des clubs gagné en 2014 à Dubaï. Mais en homme de défis et dédaignant le sur place, Pape Khassoum Touré a reçu en 2015 les offres pour le poste de directeur technique d’un des plus grands clubs du Koweït, Al Shabab Club.

Un nouveau challenge qui a bien débuté puisqu’il a remporté le championnat national cette année, alors qu’en 20 ans d’existence le club n’avait rien gagné. Arbitre international de la catégorie A (grade le plus élevé), Pape Khassoum Touré peut être fier de son métier qu’il alterne avec l’arbitrage. Domaine qu’il maîtrise à merveille et qui fait la satisfaction de ses pairs.

A Dakar où il participait à la Coupe du monde d’escrime au sabre masculin, c’est à lui qu’est revenu le privilège d’arbitrer la finale de double messieurs qui clôturait l’étape de Dakar. Et là, les Sénégalais ont pu découvrir la justesse de ses décisions sur la piste du Grand Théâtre national. « Seul le travail paie et à force de bien faire, on finit par récolter les fruits du labeur  s’est-il contenté de dire avec modestie.

 

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