Basket – A bâtons rompus avec Me Babacar Ndiaye : « Cette année doit servir de préparation pour 2017 »

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La saison de basket 2016/2017 va démarrer en novembre pour se terminer en juin. C’est la révélation faite par le président de la Fédération sénégalaise de basket-ball, Me Babacar Ndiaye, au cours d’un entretien qu’il nous accordé pour faire le point sur le basket-ball sénégalais. Avec en point de mire l’Afrobasket 2017 et les éliminatoires de la coupe du monde 2019. Et, au vu de ce qui a été réalisé en 2016, il faut mieux préparer l’horizon 2017.

Quel bilan faites-vous de la défunte saison ?

Je pense que la défunte saison s’est bien déroulée. Nous avons organisé des compétitions sur le plan national et participé à des compétitions internationales. Sur le plan national, Dieu merci, nous avons terminé tous les championnats (masculin et féminin), ainsi que les coupes du Sénégal. Les ligues ont également organisé des compétitions de petites catégories et la fédération la deuxième division qui a eu cette année la particularité de regrouper beaucoup d’équipes réparties sur l’ensemble du pays. Nous avons au départ une deuxième division de 40 équipes répartie en zone. Par la suite nous avons organisé pour les qualifiés un tournoi national qui a regroupé 18 équipes chez les garçons et 10 chez les filles. Ces deux tournois ont eu lieu à Thiès et se sont déroulés dans d’excellentes conditions, qui ont permis la qualification de Bouloc et Don Bosco de Thiès (chez les filles), de la Ja et de Mboro (chez les garçons). En gros, on peut dire que notre mission a été remplie royalement. Maintenant, pour la petite catégorie, il reste une compétition que nous voulons faire revenir, c’est le tournoi des jeunes pour faire de la détection. On prévoit de l’organiser au mois de décembre et entre temps des équipes régionales de petites catégories vont être mises en place par les directeurs techniques régionaux. Partant de là on pourra faire une détection pour créer des équipes U16, U18 et U20. Sur le plan international, c’est la meilleure participation sénégalaise de toute l’histoire de notre basket-ball aux jeux olympiques. Même si nous n’avons pas gagné, nous avons fait une bonne prestation. Chez les garçons l’équipe s’est bien comportée au tournoi de Tqo. Ce qui donne de l’espoir pour 2017, parce que comme on l’a toujours soutenu, 2016 devait servir de préparation pour 2017. Ce que nous avons vu à Manille et à Rio nous donne de l’espoir pour la reconquête du titre même si chez les garçons, cela ne va pas être facile.

Vous avez voulu innover l’année dernière en organisant les finales en semi-nocturne. Seulement il y a eu beaucoup de couacs et même de la violence. Pensez-vous changer de formule la saison prochaine ?

Je pense que les finales en semi-nocturne font partie des grandes innovations de la saison. On a organisé les matchs la nuit parce que tout d’abord c’était le mois de ramadan. Mais on voulait également faire ce qu’on appelle des sons et lumières. On ne pouvait le faire que la nuit, et comme vous l’avez constaté c’était magnifique. Maintenant il y a une finale, où il y a eu de la violence. Ce n’était pas une finale de la Fédération sénégalaise de basket mais de la ligue de Dakar. Même si nous partageons tout ce qui est bon et mauvais avec les ligues. Nous assumons leur bilan, car elles sont le démembrement de l’Etat. C’est ce seul problème qui s’est posé et nous le regrettons. L’année prochaine on fera le tout pour qu’un tel événement ne se reproduise plus. Mais en dehors de cela tout a été parfait.

Vous trouvez alors parfait des matchs qui se terminent à une heure voire 2 heures ?

Non il y a eu une finale qui s’est terminée tardivement à cause de la pluie. On avait tôt démarré malheureusement il y a eu de la pluie et le terrain était devenu impraticable. On a attendu, mais la pluie n’a pas cessé. Compte tenu de ce facteur, nous avons reporté la finale. C’est lié à des intempéries et du fait qu’effectivement le terrain était impraticable.

Quels sont les grandes difficultés que vous avez rencontrées la saison dernière ?

Nous avons connu des difficultés mais en vérité qui n’ont pas pesé dans le déroulement de la saison. Maintenant ce que nous préconisons pour éviter ces choses-là, c’est d’essayer de démarrer à temps. Et, c’est ce qu’on va faire cette année, en débutant au mois de novembre. Nous allons essayer de terminer au plus tard en fin mai ou début juin. Cela va permettre aux équipes nationales de se regrouper pour préparer les deux Afrobasket. Comme vous le savez, cette année, l’Afrobasket masculin va démarrer dans la première semaine du mois d’août alors qu’en 2015 on avait joué après le 20. Donc il nous faut nécessairement terminer un peu tôt pour permettre aux équipes nationales masculine et féminine de se préparer. Mais également pour éviter ce genre de problème, il faut terminer les matchs avant la saison des pluies.

Avez-vous déjà fait une évaluation de la défunte saison et quelles sont vos perspectives pour la nouvelle saison ?

La direction technique nationale a regroupé les entraîneurs pour faire une évaluation de la saison dernière. On fera une évaluation de la deuxième division et un comité directeur est convoqué ce samedi pour une évaluation administrative de la saison et dégager les perspectives. Maintenant, chez les garçons, il y a un match préliminaire qui doit être joué parce qu’on n’est pas encore qualifié pour Brazzaville. Ce match doit être joué entre le mois de novembre et de mars. C’est le timing choisi par la Fiba. Il appartiendra aux deux fédérations qui doivent se rencontrer et discuter pour trouver des dates. Selon des informations à ma disposition, ce ne sera pas sous forme de tournoi mais en match aller-retour entre deux pays. Pour la zone 2, nous avons quatre équipes engagées : le Sénégal, le Mali, le Cap-Vert et la Guinée. Un tirage au sort sera fait et va opposer deux équipes. Ce sera des matchs aller-retour et le vainqueur de chaque match va se qualifier. Donc il y a deux places pour quatre équipes. C’est un événement extrêmement important parce qu’il nous permettra de participer aux préliminaires de la coupe du monde. Si l’on ne se qualifie pas à l’Afrobasket de 2017 à Brazzaville, on ne pourra pas jouer les éliminatoires de la coupe du monde 2019. Parce que ces préliminaires ne vont regrouper que les 16 pays qualifiés à l’Afrobasket 2017.

Parlant des deux équipes nationales, qu’est-ce que la fédération compte faire pour une bonne préparation et participation aux deux Afrobasket 2017 ?

Dès le mois de novembre on va s’y atteler. Moi-même j’ai une idée de mettre en place un comité pour la reconquête du titre chez les garçons et la conservation du titre chez les filles que je vais piloter. Dès le mois de novembre on établira une fiche technique de préparation des deux Afrobasket en rapport avec les entraîneurs. On va aussi faire une innovation cette année pour mettre tout en place avant la venue des joueurs en regroupement. Il faut que tout le matériel didactique et tous les équipements soient disponibles. Dès le premier jour, le joueur reçoit son package. J’ai constaté effectivement qu’il y avait des disfonctionnements en ce sens. J’ai demandé à Nike de nous fournir les équipements à temps. On va également discuter de tout à l’avance, des primes de participation, de regroupement, entre autres, avec les joueurs avant le regroupement. Ainsi, le joueur saura les conditions mises en place par la fédération avant de venir en équipe nationale. Il peut accepter ou ne pas accepter ! On ne veut plus discuter des primes lors des regroupements, cela perturbe le fonctionnement normal des choses. Il y a eu une amélioration quand même dans ce sens. Car cette année, personne n’a parlé de prime dans le basket lors des tournois Tqo et Jo. Il n’y a pas eu de problèmes de prime qui s’est posé. Même l’année dernière, on avait trouvé une solution. Depuis la venue du ministre Matar Bâ, il faut le reconnaître, une amélioration sensible a été notée à ce niveau et tous les engagements pris par la tutelle ont été respectés de telle sorte qu’aujourd’hui moi-même je me permets de dire aux joueurs d’attendre la fin des compétitions pour le paiement. A Yaoundé on a payé les primes après l’Afrobasket.

La participation des « lionnes » aux jeux olympiques a été un échec d’après les amateurs du ballon orange. Etes-vous du même avis ?

Pour moi ce n’est pas un échec. Parce que si l’on a l’honneur de représenter l’Afrique pour un pays comme le Sénégal, compte tenu de sa superficie et de sa population, je pense que rien que pour cela, on méritait d’y aller. Ensuite, vous savez, on a très tôt dit que les Jo servaient de préparation pour conserver le titre en 2017. En 2016, presque la majorité des pays africains n’ont pas joué de compétitions. Nous avons eu un regroupement de presque deux mois, et nous avons joué six matchs avec des équipes de niveau mondial. Forcément cela nous a permis de nous améliorer. La participation s’est également justifiée dans la mesure où nous avons promis aux joueuses d’aller aux Jo si elles gagnaient la coupe d’Afrique. Elles se sont battues sur le terrain et décroché la qualification. Par rapport à la parole donnée, nous étions obligés de les amener à Rio. Sur le plan touristique cela a permis aussi de faire connaître le Sénégal car les matchs ont été diffusés dans toutes les télévisions du monde. Et cela a un impact sur le pays, surtout que c’est la meilleure participation. On n’a pas été ridicule. On a perdu devant la Serbie (médaillée de bronze du tournoi) par 7 points. Un travail a été fait et pour ces raisons, j’estime qu’il y a eu une bonne participation. En tout cas, au niveau fédéral, les objectifs fixés ont été atteints. Il faut être objectif. Je pense que le niveau du basket-ball féminin africain n’a pas atteint le niveau mondial comme chez les garçons. Eux arrivent à titiller les grands parce que simplement vous avez des joueurs qui jouent à la Nba. Chez les filles, tel n’est pas le cas. Il y a un retard mais qui est en train d’être rattrapé. Parce que le Sénégal n’avait jamais marqué 50 points aux Jo, cette année on a mis plus de 70 points et sur le plan défensif également on a bien joué. Il y a des matchs où le Sénégal s’est bien comporté. Donc on peut dire qu’il y a un progrès qui est en train d’être fait, mais il reste encore des efforts à faire.

Où en êtes-vous avec le coach espagnol des garçons, Diego et comptez-vous le garder pour la suite des compétitions ?



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Le principe qui est retenu c’est de le garder. Maintenant, il avait un contrat pour le tournoi du Tqo, qui a été entièrement exécuté par toutes les parties. Il a un club et il est en train d’entraîner ses joueurs. Il ne peut pas signer deux contrats ; il sera libre à partir de la fin du championnat espagnol. On s’est mis d’accord pour le retrouver au mois de mai et peut-être à partir de ce moment on va signer un autre contrat qui va lui permettre de conduire l’équipe à Brazzaville.

Le Duc veut participer à la coupe d’Afrique des clubs de basket. En tant que président de ce club, confirmez-vous cette information ?

Effectivement le directeur du Coud a exprimé le besoin de voir le Duc revenir en Afrique. Comme on a tout gagné sur le plan national, il serait intéressant de revenir en Afrique. Conformément à sa volonté, l’équipe s’est engagée à jouer la coupe d’Afrique des clubs qui doit avoir lieu au mois de novembre, plus particulièrement le 29 novembre à Maputo. Maintenant, il y a des préliminaires qui doivent être joués mais au moment où je vous parle il n’y a aucun pays disposé à les organiser. L’Egypte s’était portée candidate pour organiser les préliminaires de la zone 2 et de la zone une, mais à la dernière minute l’équipe égyptienne s’est désistée. Donc la Fiba n’a pas encore trouvé un pays pour organiser ces compétitions. En tout état nous sommes engagés et nous sommes en train de voir comment faire pour mettre nos joueuses dans de bonnes conditions.

Après un an à la tête de la Fédération sénégalaise de basket-ball, êtes vous satisfait de votre parcours ?

Oui très satisfait du parcours réalisé par l’équipe fédérale. J’ai toujours dit que moi seul je ne peux rien faire, j’ai une équipe fédérale qui a atteint ses objectifs. On a réussi à gagner l’Afrobasket en moins de trois mois après notre venue. On a qualifié l’équipe pour les Jo. C’est la deuxième fois dans l’histoire du basket que l’équipe féminine se qualifie aux Jo. Les garçons n’ont pas été ridicules. Ils ont perdu la demi-finale après prolongation et vous avez vu leur comportement après le tournoi préolympique. Sur le plan national, les compétitions ont été tenues, la cérémonie du roi et de la reine a été fêtée dans la plus grande ferveur. Donc vraiment il y a eu des retrouvailles de la famille du basket.

Lesoleil

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About the Author: Moustapha Sadio

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