Babacar Ndiaye, président du Comité local de l’Afrobasket : «On veut organiser le tournoi pré-olympique»

Après le satisfecit concernant l’organisation de l’Afrobasket féminin et cela, malgré le titre perdu en finale face au Nigeria, le président du Comité local, par ailleurs président de la Fédération sénégalaise de basket, Me Babacar Ndiaye, affiche une volonté d’abriter le tournoi préolympique de la Zone Afrique. Une compétition prévue en novembre prochain et regroupant les six meilleures équipes de l’Afrobasket féminin 2019. Le Fédéral dresse le bilan sportif, mais aussi évoque l’histoire des primes des Lions dans cet entretien qu’il nous a accordé.

Quel bilan peut-on tirer de l’organisation de l’Afro­bas­ket féminin que le Sénégal a abrité ?

Cela a été une organisation parfaite, même si c’est une œuvre humaine. Forcément, il y a eu quelques petits problèmes. Dans l’ensemble, c’était une belle réussite sur le plan organisationnel, surtout au niveau de la mobilisation. Tout le monde a été agréablement surpris par la présence nombreuse des Sénégalais lors des matchs du Sénégal. Nous avons à un moment eu peur de ne pas pouvoir remplir la salle. L’idée même nous était venue de mettre en fait des bâches, des drapeaux des différents pays qualifiés pour masquer les tribunes d’en haut. Heureusement qu’on ne l’a pas fait. Donc les gens sont venus d’eux-mêmes avec leurs propres moyens. C’est des records sur le plan mondial en termes d’audience, mais également en termes de présence. Sur le plan du transport, il n’y a pas eu de problèmes.

Il y a eu quelques difficultés au niveau du transport parce que beaucoup de supporters ont eu du mal à rallier Dakar Arena, faute de bus disponibles lors des matchs du Sénégal…

Non, je ne parle pas des supporters parce que nous n’avons pas l’obligation de transporter tous les supporters. Je parle du transport des délégations. L’hébergement des délégations s’est très bien passé. Il n’y a pas eu de plainte des délégations. Tout le monde est vraiment satisfait de la manière dont les choses se sont déroulées. C’était ça surtout qui était visé. Nous avons reçu ce matin (jeudi) une lettre de félicitations de la FIBA pour la manière dont l’événement a été organisé.

Concernant le public, le comité d’organisation avait pris des dispositions afin de permettre aux fans du basket de se déplacer. Mais on a constaté quelques difficultés par rapport à ça. Surtout concernant le nombre de bus…

Non. En fait, on s’est toujours dit qu’on ne pouvait pas transporter tout le monde gratuitement. Mais on a essayé de voir avec la société Dakar Dem Dikk et voir comment faciliter le transport pour une partie du public, une autre partie à des moyens pour se transporter. Mais nous avons offert quand même 30 bus par jour sur différents points de Dakar. C’est important. Nous avons fait un effort pour essayer de rendre l’accès beaucoup plus facile. Maintenant, comme je l’ai dit, le comité n’avait pas pour vocation de transporter gratuitement 15 mille personnes. Ce n’est pas possible.

Dans l’organisation, il y a eu également des couacs qui ont été notés le jour de la finale avec certains qui ont eu des tickets et qui n’ont pas pu rentrer. Est-ce que vous avez été surpris par le nombre de personnes qui s’étaient déplacées ce jour-là ?

Disons qu’il y a eu quand même ce jour-là une affluence record. Moi, le matin quand on m’a appelé pour me dire que forcément on devra mettre des écrans géants dehors, je n’y croyais pas. Mais après, on a été obligé. Il y avait 5 mille personnes dehors et plus de 15 mille à l’intérieur. Nous avons vendu 14 mille places. Heureusement, tout s’est bien passé. On a perdu dans la dignité. Les gens ont applaudi l’équipe. Je crois que c’est ce qu’il faut retenir.

C’était un test quelque part pour la Fédération de basket. Mais après bilan, à quel niveau il va falloir corriger si demain on devait encore organiser à Dakar Arena ?

On n’a pas encore fait une évaluation. C’est peut-être un peu prématuré de ma part de dégager des perspectives. Nous allons faire un bilan à tous les niveaux : sportif, organisationnel, financier. C’est après ce bilan qu’on pourra dégager des perspectives pour l’avenir.

Parlons de l’équipe ! Deux échecs consécutifs en finale. Est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que c’était la fausse note ?

Non ! C’est vrai, on aurait aimé gagner. Mais les filles ont du mérité. Moi, j’ai fait trois campagnes avec elles. Toutes les campagnes, elles ont été en finale. En 2015, elles ont joué une finale. Elles ont gagné. En 2017, on a perdu en finale en se qualifiant à la Coupe du monde. Cette année également, on a perdu en finale. Cela veut dire qu’elles sont au top. Maintenant, l’objectif était de regagner le titre, mais si vous voyez la manière dont on a perdu et devant qui on a perdu, on ne peut que les encourager. Quand vous organisez des compétitions de cette nature là, ce n’est pas uniquement l’aspect sportif qui prime. Pendant une semaine, notre discipline a occupé le cœur des Sénégalais et l’actualité au Sénégal. La vitrine du Sénégal a été montrée partout dans le monde. La finale a été transmise en direct par plus de 140 télévisions. Donc sur cet aspect-là, notre pays a gagné en termes de visibilité. L’organisation a permis également de mettre en valeur Dakar Arena. Aujourd’hui, nous sommes tous d’accord que Dakar Arena est quelque chose d’utile. Les gens pensaient que c’était trop grand. Moins d’un an après sa construction, on se rend compte finalement que cette salle, contrairement à ce que certains pensaient, n’est pas trop grande. Parce qu’elle n’a pas pu accueillir tout le monde. Ce sont toutes ces questions-là qu’il faut retenir.

C’est une source de motivation pour organiser une autre compétition. Vous y pensez déjà ?

Oui. On pense à ça. Aujourd’hui, il y a des compétitions qui ne sont pas coûteuses. Si l’Etat nous autorise de voir avec les privés, s’il y a la possibilité d’organiser la fenêtre du tournoi préolympique, c’est 6 à 5 équipes à prendre en charge sur une petite période. Ce n’est pas des montants colossaux qu’il faut avoir. Il suffit simplement de se lever un peu tôt et de voir comment avec les sponsors, essayer de trouver un petit montant pour organiser.

Le tournoi, c’est en novembre. Aurez-vous le temps pour cela ?

Je n’en ai pas parlé encore avec la tutelle. Il faut voir également les sponsors de la Fédération.

Mais êtes-vous prêts ?

J’ai envie d’organiser.

Parlons du bilan financier ! Quel bilan peut-on en tirer ?

Aujourd’hui comme je vous ai dit, je ne peux pas parler de bilan à tous les niveaux. Le bilan qu’on a parlé, c’est le bilan sportif. Maintenant au niveau de la finance, nous sommes en train de faire le travail nécessaire pour ensuite envoyer un rapport financier à l’autorité de tutelle. On avait parlé effectivement d’un montant qui tournait entre 700 et 800 millions Cfa en incluant les droits d’organisation. On ne sera pas loin de ce chiffre.

En dehors de cet événement, il y a la préparation de l’Equipe masculine pour le Mondial. On a noté quelques couacs, notamment avec les primes, la préparation… Qu’est-ce qui s’est passé ?

Non, il n’y a pas eu de couacs. Je dis : Ce qui était prévu, on a accusé un jour de retard par rapport à tout le programme qui a été préétabli. On devait entrer en regroupement le 1er août dernier. On est entré en regroupement le 2 août. C’est le seul retard qu’il y a eu. Donc, tout le programme qui a été préétabli a été respecté à la lettre. On ne peut pas parler de couacs. Dans l’ensemble, la feuille de route a été respectée. Maintenant, je l’ai dit, à chaque fois qu’il y a un regroupement, il faut nécessairement qu’il y ait de petits problèmes. Parce qu’on ne peut pas rester pendant 30 jours et dire qu’il n’y a pas de problème. Il n’y a pas de problème de primes. Ce qui s’est passé est simple. La prime de qualification, elle doit être payée avant le démarrage de la compétition. On ne peut pas demander le paiement de la prime de participation 15, 10 jours avant le démarrage de la compétition pour plusieurs raisons. Parce qu’aujourd’hui quelqu’un peut se blesser. Il sort du groupe. Il est remplacé. Aujourd’hui, on pourrait être à 14 ou 15 éléments. C’est l’entraîneur qui décide de diminuer très tôt son groupe. Imaginez si aujourd’hui il avait décidé d’aller en Chine avec 15 joueurs ! Comment on peut payer la prime de participation à 15 personnes, alors qu’on ne peut pas savoir les joueurs qui vont être recalés ? C’est la raison pour laquelle la prime de participation est toujours payée à la dernière minute.

Est-ce une incompréhension entre la fédération et les joueurs ?

Non. Ce n’est pas une incompréhension. Moi, quand on m’a posé le problème, j’ai parlé avec le capitaine de l’Equipe en lui rappelant les règles, c’est-à-dire que la prime de participation, elle est éligible au plus tard la veille de la compétition. Maintenant la Chine, c’est une autre difficulté. C’est extrêmement difficile d’amener de l’argent en Chine. Il y a plusieurs raisons. Ils doivent voyager, participer à un tournoi avant le démarrage de la compétition. Je comprenais cette situation. J’ai dit au capitaine que j’allais rendre compte à qui de droit, que j’avais un rendez-vous avec le Dage du ministère. On a essayé de trouver une solution pour leur payer avant leur départ. Donc c’était ça, mais que je ne pouvais pas avant de rencontrer le Dage et la tutelle me prononcer de façon définitive sur la question, mais je m’engageais à tout faire pour régler ce problème-là. La preuve, la nuit on a réglé le problème. Les primes ont été payées avant leur départ. Et je vous le dis, je le répète, plusieurs joueurs m’ont confié leur argent. Ça veut dire aujourd’hui qu’il y a toujours la confiance qui a toujours existé entre la Fédération et les joueurs. Et je répète, depuis notre avènement à la tête de la Fédération, nous avons toujours payé les primes après les compétitions. A chaque fois qu’on s’était engagé à payer les primes après les compétitions, on a tout le temps payé. Donc, on ne doit aucune somme à titre de primes.

Comment expliquez que le capitaine, Maurice Ndour, aille jusqu’à quitter le regroupement ? Est-ce un problème de communication ?

Non. Demandez-lui ! Je ne peux pas répondre à sa place. Moi, ce que je sais c’est que quand le problème a été posé, j’ai répondu. Après quand on m’a parlé des difficultés qu’il y avait au niveau du groupe, j’ai demandé à l’entraîneur de convoquer une réunion. C’était hier (mercredi) à 12h. On s’est rencontré. Le capitaine était là-bas. C’était une réunion houleuse. Ça aussi, il faut le reconnaître. On s’est dit la vérité. Après, on s’est donné la main.
Chacun est parti parce que ce qui nous intéresse, c’est le Sénégal.

C’est donc un problème de communication entre la tutelle et la Fédération ?

Non. Ce n’est pas un problème de communication. Je prends à témoin Malèye (Ndoye). Il a été capitaine de l’Equipe. Il a été un royal capitaine à mon endroit. Il y a eu tout le temps ces genres de problèmes. Mais il les a toujours gérés avec moi dans la discrétion. C’est aussi le rôle du capitaine quand c’est nécessaire de calmer son groupe et de s’adresser aux autorités de la Fédération pour trouver des solutions. Même au niveau des filles, c’est derrière nous.

Comment voyez-vous la participation de cette équipe au Mondial ?

L’objectif, c’est vraiment essayer de mettre en place une équipe pour 2021. C’est vrai qu’il n’y a pas eu un rajeunissement total, mais quand même, il y a des entrées. On va à la Coupe du monde pour représenter dignement le continent africain.

Avez-vous déjà un poste de responsabilité à confier au capitaine Malèye Ndoye, non sélectionné pour le Mondial et naturellement plus proche de la retraite ?

Non. Il est toujours joueur (rires). C’est quelqu’un de bien. Il est discret et il peut être utile pour le basket sénégalais. Personne ne peut en douter. Le Sénégal fera appel à ses services quand ça sera nécessaire, inchalla.

Le Quotidien

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