Le Sénégal a été recommandé, à l’unanimité, par la Commission exécutive du CIO pour abriter les Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2022. Ayant travaillé d’arrache-pied dans une «task force» mise sur pied par le Président Mamadou Diagna Ndiaye, le président Ibrahima Wade, vice-président du CNOSS livre en exclusivité, pour Sud Quotidien, les secrets de la réussite de la candidature sénégalaise ainsi que les garanties données par le Président de la République, Macky Sall, sur la base du Plan Sénégal Emergent.
Président Ibrahima Wade, la commission exécutive du Cio a recommandé la désignation du Sénégal comme pays hôte des JOJ 2022, devant le Botswana, le Nigeria et la Tunisie. Quel est le sentiment qui vous anime en tant membres de la task force mis en place par le CNOSS pour piloter le dossier ? 

J’éprouve un sentiment de profonde satisfaction, une grande fierté. En effet, pour une première fois, le CIO a décidé d’organiser les Jeux Olympiques de la Jeunesse en Afrique, et le Sénégal a été recommandé par la Commission Exécutive du CIO pour les abriter en 2022 au nom de l’Afrique entière. Nous avons toutes les raisons d’en être fiers. Certes, le Sénégal a été choisi, mais au-delà de notre pays, c’est toute l’Afrique, tous les sportifs africains, tous les dirigeants sportifs africains, qui voient leurs efforts et leur persévérance, après tant d’années au sein des instances internationales du sport et de l’olympisme mondial ainsi récompensés. Cette fierté, je la partage bien évidemment avec tous les membres de la Task Force chargée de piloter cette candidature, sous la coordination du Président Mamadou Diagna Ndiaye du CNOSS. Chacun y a mis du sien et le résultat est là. Les recommandations de la Commission exécutive doivent être formellement entérinées en octobre prochain, en marge de 3èmes Jeux Olympiques de la Jeunesse, par la 133ème session du CIO prévue les 08 et 09 octobre 2018 à Buenos Aires.

Qu’est ce qui a été déterminant pour que le projet du Sénégal puisse être retenu à l’unanimité des membres de la commission exécutive ?

C’est certainement la robustesse du dossier que le Sénégal a soumis à la Commission d’Evaluation des Candidatures qui a permis de faire la différence. Le chemin a été long, le processus très palpitant. Il faut savoir que, lors de sa réunion du 07 septembre 2018, le CIO a examiné avec minutie les dossiers préparés par les quatre pays qui étaient en lice, le Botswana, le Nigéria, la Tunisie et le Sénégal. La conclusion à laquelle il a abouti, à l’unanimité, est que “le Sénégal a présenté le projet le plus solide”, qui réunit les meilleures conditions pour avoir des jeux de dimension planétaire en Afrique. La Task Force mise en place au niveau du Comité national olympique et sportif sénégalais a travaillé sans relâche, avec l’implication de tous les membres du mouvement olympique, des différentes fédérations sportives, de l’ensemble des services de l’Etat et autres structures dont la mobilisation était requise pour fournir les informations et donner les garanties nécessaires, afin que le dossier du Sénégal réponde à toutes les exigences du CIO. Au bout du compte, nous avons remis au CIO un dossier complet. En plus d’être complet, le dossier du Sénégal présente des perspectives intéressantes au regard des infrastructures de dernières générations disponibles ou en cours de réalisation dans le pays.

Le Chef de l’état, Macky Sall aurait appuyé le dossier notamment lors de son dernier séjour en Chine. Peut on avoir une idée de son implication ?

Au nom du Président Diagna Ndiaye et de tous les membres de la communauté olympique, j’exprime nos sincères remerciements au Président de la République Macky Sall dont l’implication a été déterminante. Il nous a manifesté son total soutien, et a fait mobiliser toute l’Administration au service de ce projet important pour la jeunesse, pour le sport. Depuis le déclenchement de la candidature du Sénégal et tout récemment durant son séjour en Chine où Il était en voyage officiel, il a suivi de façon rapprochée l’évolution du dossier en relation directe avec le Président Diagna Ndiaye. Il a manifesté son adhésion totale aux Autorités du CIO et tout cela a été d’un apport décisif dans l’acceptation du dossier.

En cas de désignation officielle lors de la session du CIO prévue en octobre prochain à Buenos Aires, quelle devrait être l’attitude du Sénégal pour relever un tel défi parce que jamais dans l’histoire un pays africain n’a eu à abriter ni les JOJ, ni les JO. Ce sera donc une première

Encore une fois c’est le Sénégal qui organisera les Jeux, mais c’est toute l’Afrique qui sera à l’honneur. C’est un défi immense, qui est à la portée de notre pays et de l’Afrique, et que nous pouvons relever. Le tout sera dans l’organisation la plus appropriée que nous avons entrepris de mettre en place. Il s’agira des 4èmes Jeux Olympiques de la Jeunesse. Nous allons évidemment capitaliser sur l’expérience de trois premières éditions, sans compter qu’il y a déjà un partenariat fort établi entre le Sénégal et le CIO qui sera renforcé pour réussir la co-construction des Jeux dans toutes leurs dimensions. Il n’y a pas de doute qu’avec l’implication de toutes les parties prenantes, le défi sera relevé et le Sénégal et l’Afrique sortiront grandis de ces jeux.

La candidature sénégalaise est organisée autour de trois sites: la capitale Dakar, la nouvelle ville de Diamniadio et la ville côtière de Saly. C’est le Plan Sénégal Émergent qui est alors mis en avant ?

Au cours des différentes missions exploratoires conduites par les experts du CIO, plusieurs sites ont été visités dans les principales zones du pays présentant un intérêt par rapport aux disciplines sportives prévues et aux différentes facilités, en termes d’hébergement des athlètes et des officiels, de transport et de mobilité, de santé, de sécurité, de transport aérien, etc. En fin de compte, nous avons retenu avec les experts du CIO de miser sur les infrastructures de grande qualité disponibles à Dakar, de saisir l’opportunité des importantes réalisations du Gouvernement autour de l’écosystème du Pôle Urbain de Diamniadio depuis le lancement du Plan Sénégal Emergent, mais également de profiter des facilités qu’offre Saly Portudal à la fois pour l’hébergement et pour les sports aquatiques. Evidemment, tout ce que le Gouvernement du Sénégal a réalisé sous l’ère PSE (Université Amadou Makhtar Mbow, CICAD, Train Express Régional, Dakar Arena, etc.) sera mis au service de ce projet.

Une organisation des JOJ, un siège en attente, pensez-vous à une médaille olympique en 2020 pour couronner le tout ?

Les chantiers emblématiques du CNOSS sous la présidence de Diagna Ndiaye sont importants. Les travaux de construction du nouveau siège vont démarrer incessamment, maintenant que les formalités administratives sont presque toutes bouclées. Un autre chantier sur lequel le CNOSS travaille, c’est celui de la construction des Académies des Sports que nous sommes en train d’instruire en relation avec le Gouvernement sur la base d’une requête de financement introduite auprès de la Banque Mondiale. Il y avait l’autre chantier qui concernait la candidature du Sénégal pour les JOJ 2022 qui vient de connaître un succès. Maintenant, tout l’enjeu c’est de travailler avec les Fédérations et Groupements sportifs pour monter les groupes de performances qui devront permettre de détecter les jeunes talents qui nous garantirons les meilleures chances de médaille olympique lors des JOJ 2022

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