Algérie – Sénégal: L’équation Yacine Brahimi

ryad mahrez et brahimi

Christian Gourcuff nous a gratifiés de déclarations dithyrambiques à propos de Yacine Brahimi après la défaite face à la Guinée, au point de voir se dessiner dans son esprit une Brahimi dépendance.

Ménagé à Sidi Moussa durant les trois entraînements précédant le match, il était prévu que Brahimi soit préservé pour le second face au Sénégal mais l’obligation de résultat, même durant les matchs amicaux pour préserver le « prestige » du classement FIFA, a obligé le breton a le faire entrer à l’heure de jeu.

DZfoot, « Vous avez dit que l’entrée de Brahimi a changé un peu la façon de jouer ? » Goucurff, « Pas qu’un peu !, c’était un autre match. »

Gourcuff qui a été précédé de réputation par son 4-4-2, n’a eu de cesse de répéter depuis son arrivée que celui-ci était flexible. En effet dans un 4-4-2 classique ce sont les ailiers de débordement qui alimentent essentiellement un duo d’attaque, alors que celui appliqué en sélection, si il s’offre avec Mahrez un véritable ailier rapide capable de mener des « rush » incessants comme en témoigne son action sur le but de Slimani, ce n’est pas vraiment le cas avec Feghouli plus habitué au 4-3-3 et aux attaques placées.

C’est pourquoi le plus souvent le 4-4-2 appliqué par le technicien français est beaucoup plus proche d’un 4-3-3 avec un Brahimi qui fait le jeu dans l’axe.

En son absence et avec le duo Slimani-Soudani en pointe, le déséquilibre est apparu puisque l’équipe qui n’est plus capable de faire le jeu n’est aussi et surtout pas calibrée pour défendre avec deux milieux axiaux plus relayeurs que défensifs. Les difficultés ce sont montrées d’autant plus flagrantes que Mahrez et Feghouli n’ont pas assumé leur part de travail de repli.

Comme il l’a souvent dit aussi, Gourcuff s’est donné pour mission de mettre en place une équipe qui fait le jeu en toute circonstance, elle n’est donc pas faite pour le subir mais sans Brahimi elle n’est pas non plus faite pour faire tourner le ballon.

DZfoot, « Brahimi est l’homme de base de votre équipe ? » Gourcuff, « Depuis que je suis arrivé, il est essentiel pour la réussite de l’équipe »

Il apparait désormais clairement que si tout son système repose sur Brahimi, il n’a pas trouvé ou cherché de réelle alternative pour pouvoir évoluer sans lui.

Ni Feghouli, ni Mahrez n’ont été testés à ce poste, Djabou ayant été écarté, Boudebouz a été essayé quelque peu ces derniers temps (un peu relayeur, un peu en second attaquant) mais si il a les qualités techniques requises, il n’a pas forcement le volume de jeu conséquent demandé par le système de Gourcuff qui a par exemple mis en exergue les 70% de possession à Maseru face au Lesotho.

Une possession pourtant stérile pendant plus de 80 minutes mais ce qui agace parfois dans le jeu de Brahimi, à savoir le fait de garder le ballon longtemps et pivoter sur lui même pour chercher une solution, semble être un gage de qualité pour Gourcuff.

Gourcuff,  » @BrahimiOfficial, il est capable de se mettre dans le sens du jeu, de créer et de changer le rapport de force avec l’adversaire »

 Comment jouer sans Brahimi ?

La question qui se pose désormais est celle de savoir comment on fait sans le joueur de Porto. Qui assume le jeu ?

Sous l’ère Halilhodzic et avant d' »inventer » le trident » offensif Djabou (Mahrez) – Brahimi – Feghouli (repris ensuite par Gourcuff), ce fut souvent Saphir Taider qui a évolué en n°10 à l’ancienne avec un certain succès notamment à l’extérieur au Bénin au Rwanda ou encore face à la Slovénie.

Seulement, l’équilibre du 4-3-3 de Vahid reposait sur une assise défensive solide avec notamment un Medjani en sentinelle et véritable récupérateur, ce que n’est pas non plus Bentaleb autre homme de base de Gourcuff.

DZfoot, « Brahimi est le seul capable de faire ça parmi vos titulaires ? » Gourcuff, « On l’a vu ! la rencontre d’aujourd’hui est un exemple »

Il reste encore une solution non testée, celle de mettre Soudani sur l’aile gauche, Mahrez à droite comme à Leicester et essayer Feghouli dans l’axe mais malheureusement Gourcuff qui s’est contenté de trois changements face à la Guinée ne semble pas aimer faire des essais grandeur nature et profiter de ces matchs amicaux pour voir autre chose.

Enfin en parlant des qualités et de l’importance de Brahimi dans le jeu algérien, l’actuel sélectionneur dessine en creux la déception et les carences de Feghouli (pourtant promu capitaine) en patron de cette équipe, ce qui manque cruellement face aux adversaires de valeur.

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