AFROBASKET ET COUPE DU MONDE 2019 : Le bilan et les enseignements du Dtn du basket Maguette Diop

Le 19 août dernier, à Dakar Arena, le Sénégal a raté sa reconquête du sceptre continental en s’inclinant, une nouvelle fois, devant le Nigeria en finale de l’Afrobasket féminin. Quelques semaines plus tard, les « Lions » avec cinq défaites en autant de sorties ont terminé à la 30e place sur 32 équipes de la Coupe du monde de basket disputée en Chine. Du coup, ils ont raté la qualification directe au tournoi de basket des prochains Jeux olympiques de « Tokyo 2020 ». Le directeur technique national (Dtn) du basket, Maguette Diop, fait ici le bilan de ces deux compétitions.

Les raisons du second échec consecutif des « lionnes »
Le directeur technique national (Dtn) du basket, Maguette Diop, n’est pas du genre à faire prendre aux férus de basket des vessies pour des lanternes. Sur le Sénégal, qui organise et perd pour la deuxième fois de l’histoire un Afrobasket (après l’édition de 2007 remportée par le Mali), son verdict est sans appel: « Nous sommes passés à côté de notre objectif qui était de reconquérir le titre », admet-il. Sur les raisons de ce second échec consécutif devant les « D’Tigress » nigérians, il est d’avis qu’il est lié à la performance de l’équipe qui, dans l’ensemble, s’est montrée un peu perfectible, notamment au niveau de la mène et du jeu intérieur ». Cela, malgré « l’excellent travail abattu par l’entraîneur et son staff pour renforcer l’équipe sur le plan physique et tactique. »
Il est vrai que pour la mène, des joueuses majeures comme Mame Diodio Diouf sont, pour une fois, passées à côté de leur tournoi. Pour l’avenir, le Dtn pense que « nous devons travailler pour, d’abord, redynamiser l’équipe. Il faudrait penser à travailler au niveau de la relève tout en sachant que certaines joueuses majeures seront limitées par l’âge. »

Rajeunissement de l’effectif
Depuis le second échec consécutif des « Lionnes » en finale de l’Afrobasket féminin, certains observateurs estiment qu’une page de l’histoire du basket sénégalais doit être tournée. Certains cadres de l’équipe du coach Cheikh Sarr doivent aussi passer la main. L’équipe sénégalaise version 2021 doit également subir une cure de jouvence. Le Dtn du basket Maguette Diop n’est pas contre ce rajeunissement de l’effectif des « Lionnes ». « Vous avez remarqué que pour cet Afrobasket, note-t-il, secteur par secteur, l’entraîneur a mis des jeunes comme Fatou Diagne, Léna Niang et Yacine Diop. » Et il y a « d’autres comme Mathilde, Khady Dieng qui frappent à la porte ». Le Dtn révèle que le coach des « Lionnes » devrait faire de la « prospection » aux Etats-Unis et en Europe pour dénicher les nouvelles pépites du basket sénégalais. Le seul bémol pour ce rajeunissement, selon Maguette Diop, « il y a des gens qui disent que certaines « Lionnes » sont âgées, mais l’âge c’est au niveau de la performance ». La capitaine Astou Traoré, qui fait partie des meilleures joueuses du dernier Afrobasket (elle été élue dans le « cinq majeur »), en est l’illustration parfaite.

Le Nigeria nouvelle bête noire des « lionnes »
Trois rencontres devant les « D’Tigress » lors de ces trois derniers Afrobasket et autant de revers (match de poule en 2015, Finales 2017 et 2019) pour les « Lionnes », c’est peu de dire que le Nigeria est devenu la nouvelle bête noire du Sénégal chez les féminines. Comme du reste chez les garçons. « Effectivement, le Nigeria, depuis un certain temps, est en train de nous dominer. Mais il faut dire que le Nigeria a beaucoup travaillé pour avoir une équipe compétitive ». Selon le Dtn, Maguette Diop, « le Nigeria a eu la chance d’utiliser toutes ses jeunes joueuses expatriées contrairement au Sénégal ».
Pour lui, on ne peut comparer la situation du Nigeria à celle du Sénégal. Tout simplement parce que là où les doubles championnes d’Afrique en titre peuvent utiliser tous leurs atouts, les vice-championnes, elles, « n’en ont pas la possibilité (toutes nos joueuses sont en Europe) à cause du règlement de la Fiba ». Plus clairement, « le Nigeria établit des passeports à ces jeunes joueuses de parents nigérians nées aux Etats-Unis et âgées de moins de 16 ans, ce qui les qualifie directement. Par contre, les « jeunes joueuses nées en Europe de parents sénégalais qui n’ont pas leur passeport avant 16 ans sont considérées comme des naturalisées françaises. »

Plan de reconquête du titre continental
Deux Afrobasket sans monter sur la première place du podium mais avec deux médailles d’argent (en 2017 et 2019) dans d’autres pays, on s’en contenterait. Seulement, chez la nation la plus titrée du continent avec ses 12 sceptres, cela fait presque une …éternité. Alors comment faire pour inverser la tendance ? Quelle stratégie pour gagner la bataille pour le leadership remportée lors des dernières éditions du championnat d’Afrique féminin remportées par le Nigeria ? Le Dtn Maguette Diop a son idée sur la question. « La première bataille qui doit être menée, affirme-t-il, avec force, « c’est le combat des binationaux. On ne peut pas être de père et de mère sénégalais et être considéré comme joueuse naturalisée ». Autant dire que l’administration du basket sénégalais qui doit convaincre l’instance dirigeante du basket mondial (la Fiba) du bien-fondé de sa requête a du pain sur la planche. L’autre défi à relever est, selon le Dtn, « d’identifier toutes les joueuses sénégalaises de la Diaspora et leur établir des passeports avant l’âge de 16 ans ».

Last but not least au pays des Mame Penda Diouf, Marième Bâ, Marthe Ndiaye, Nathalie Sagna, Mborika Fall et autres Soukèye Sarr, le poste de meneuse de jeu, celle qui donne le tempo d’une équipe de basket, n’est plus bien pourvu. Maguette Diop en convient. « Cela s’est ressenti au niveau des garçons comme chez les filles. Je pense que c’est au niveau de la formation. Pendant un certain temps, on a pensé que seuls les joueurs de grande taille pouvaient réussir en s’expatriant. Cela a favorisé le développement du secteur intérieur au détriment du secteur extérieur. Il faudrait aussi avoir un programme pour les joueuses de petite taille qui doit s’articuler sur une bonne formation de base au niveau des équipes, soutenue par des compétitions régulières. »

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