Aboubacar Sy, meneur du SIBAC : « Je suis revenu pour aider l’équipe »

No widget added yet.

Il de retour à la maison. Le meneur Aboubacar Sy (26 ans, 1m85) est revenu cette saison au SICAP Basket Club. « MC », comme on le surnomme, a choisi de retourner là où tout a commencé, après son passage au Duc qui n’a pas été des meilleurs. L’enfant de la SICAP retrace son parcours et se dévoile dans cet entretien avec Basket221.

Basket221 : Aboubacar Sy pouvez-vous nous retracer un peu votre parcours ?

« J’ai débuté le basketball vers 7-8 ans. Avant je jouais au football puisqu’aux SICAP, les terrains de foot et de basket étaient côte à côte. Tous mes amis étaient des footballeurs, j’étais le seul qui pratiquait le basket. J’ai tout fait au SIBAC, du mini basket jusq’en deuxième année de sénior. Ensuite j’ai rejoins le Dakar Université Club. »

Avant de revenir sur votre passage au Duc, qu’est ce qui vous a motivé à faire du basketball ?

 

« Bon je peux dire que si je suis venu au basket c’est parce que, gamin, j’étais un peu turbulent. J’étais à l’école de foot et un jour le coach m’a renvoyé. Je suis alors parti m’assoir sur un pan du mur du terrain de basket du SIBAC pour regarder leur entraînement. Et un vieux qu’on surnommait « père », il est l’intendant du SIBAC, il m’a trouvé là-bas et m’a pourchassé; je me suis réfugié chez le coach Daouda Ndiaye qui m’a ensuite convaincu de venir pratiquer le basketball. C’est là que tout a débuté. Mais je continuais en même temps à jouer au football. Après l’amour du basketball a pris le dessus. J’étais hyper talentueux aussi. »

« Il y a eu du positif au DUC, mais beaucoup de regrets également. »

Donc on peut dire qu’aujourd’hui vous vivez bien votre passion ?

« Oui oui, je le vis pleinement. Le basket c’est désormais ma vie. Si je reste sans jouer je deviendrais fou. En plus, depuis tout jeune on voyait nos ainés jouer, on les imitait dans tout, même côté habillement. Et depuis c’était une vraie passion. Je peux dire aujourd’hui que « No ball, No life. »

Après deux années en sénior, vous rejoignez le Duc. Comment c’est arrivé ?

« J’ai fait toute ma petite catégorie au SIBAC où j’ai remporté des trophées entre mes années de minime jusqu’en junior. Et pour ma première année en sénior, Dieu nous a fait remporter un trophée, c’était le premier du SIBAC d’ailleurs pour l’équipe masculine (ndlr : Coupe du maire en 2014). La saison d’après, je suis resté malgré le fait qu’on avait enregistré huit départs. J’étais le capitaine d’équipe et on s’est donné corps et âmes pour amener l’équipe à une finale encore et le maintenir en D1. Ensuite comme j’avais eu une pré-sélection avec l’équipe nationale A’, c’est là que le DUC m’a contacté. Je me suis dis pourquoi pas un nouveau challenge, jouer pour un grand club, avec de grands joueurs et acquérir plus d’expériences. »

Vous avez fait trois saisons au DUC, comment avez-vous vécu votre passage là-bas ?

« Oui j’ai fait trois années au DUC. J’ai rejoint le club lors de la saison 2016. Mes deux premières années, ça a été, on peut dire, à 50%. J’y ai gagné des trophées. Je ne dirai pas que mon passage au Duc était négatif car j’ai beaucoup appris là-bas. Mais bon c’était un grand club aussi, ce n’était pas facile. C’était dur ! Le Duc, c’est une équipe très tactique. C’était un peu difficile de rentrer dans les schémas de jeu, mais côté groupe c’était bien. J’y ai trouvé des grands frères sympathiques avec qui je garde toujours le contact. Je ne prend d’ailleurs aucune décision sans leur en faire part. Certes il y a eu du positif, mais côté basket il y a eu beaucoup de regrets aussi. »Aboubacar Sy lors de sa première année en sénior (2014)

Et c’était quoi ? Vous aviez senti que vous ne progressiez plus ou il vous fallait un nouveau challenge ?

« Bon je n’avançais plus en fait. Je vais vous dire, ma dernière saison au Duc a été très dure (ndlr: saison 2018). Je n’ai jamais eu une saison pareille. C’est depuis la catégorie cadette que je jouais en sénior et jamais je n’ai vécu pareille situation où tu joues aujourd’hui, demain non. Ce n’était pas un rythme qui pouvait faire progresser un joueur. Et j’étais pourtant sur une bonne lancée. Mais je rend grâce à Dieu, Lui seul sait ce qui est meilleur pour nous et on accepte ce qui arrive. On a cette mentalité de « baye fall » et on accepte la volonté divine. Après je me suis dis pourquoi pas prendre du recul et revenir à mon meilleur niveau. J’avais eu des contacts dans d’autres clubs, mais je me suis dit que revenir au SIBAC était la meilleure solution. C’est un choix difficile parce qu’il faut mettre le côté financier de côté. Mais bon on rend grâce à Dieu. »

« Je ne suis pas revenu en messie, mais… »

Aujourd’hui vous êtes de retour au club, comment ça se passe avec les dirigeants, les coéquipiers ?

« On rend grâce à Dieu. Une équipe où tu as été du mini basket jusqu’en sénior, c’est chez toi. Ce sont quasiment les même dirigeants qui sont là. J’ai joué avec la moitié des joueurs en petite catégorie, les autres on a joué ensemble au minimum deux années donc ce n’est pas difficile. Ils m’ont bien accueilli et on a un coach qui comprend ses joueurs. Mes coéquipiers m’ont rendu le rôle de leader et m’appuient. Je me sens très bien ici. Et même avec les gens du quartier c’est ainsi. Pour vous dire, ma maman quand elle part au marché, les gens l’interpellent pour lui montrer qu’ils sont contents de mon retour. Je me sens très bien ici et ça se répercute d’ailleurs sur le terrain. Je rend grâce à Dieu. »

Aboubacar Sy avec le premier trophée de l’histoire de l’équipe masculine sénior du SIBAC (Coupe Maire de Dakar 2014)

Alors avec le SIBAC vous vous êtes fixé des défis ou objectifs pour ce retour ?

« D’abord il faut dire que nous avons une équipe jeune. Nous sommes une bande d’amis. Et ce serait un honneur pour nous si on arrivait à ramener le club en playoffs, jouer une finale ou remporter une coupe. Je suis revenu pour aider l’équipe. Je ne suis pas revenu en messie, mais je suis là pour prêter main forte et apporter mon expérience. »

Et est-ce qu’on peut dire que vous êtes dans cette dynamique là de ramener l’équipe au sommet après huit journées de championnat ?

« Oui ! Pour moi nous sommes sur la bonne voie parce que nous avons un bilan positif. Nous avons joué onze matchs, huit en championnat et trois en coupe. Nous avons eu six victoires pour cinq défaites. Donc je me dis que c’est un bilan positif. Pour les matchs de championnats phase retour, nous sortirons qu’une fois pour aller à Thiès, nos autres matchs on va recevoir à Dakar. Si nous nous concentrons, nous atteindrons nos objectifs. Nous avons aussi les moyens pour cela. Et nous ferons tout pour les atteindre, s’il plaît à Dieu.

« Devenir pro, tout ce dont je rêve »

Sur le plan personnel quelles sont vos ambitions, au delà du SIBAC ?

« Personnellement mon premier défi c’est de retrouver mon rythme et mon jeu. Je suis persuadé que si je les ai beaucoup de choses vont venir après. Mais comme tout joueur, je rêve d’avoir un contrat professionnel pour aller monnayer mon talent à l’étranger. Je ne suis pas si âgé que ça mais quand même j’ai acquis beaucoup d’expériences. Je garde espoir que ça se réalisera. Devenir pro, c’est tout ce dont je rêve. »

Avez-vous déjà eu des contacts pour l’étranger ?

« Oui j’ai déjà eu des contacts mais ça n’a pas abouti. Ce n’était peut-être pas l’heure. Mais je reste toujours confiant. »

« MC » pense t-il à l’équipe nationale ? Est-ce que cela fait partie de ses objectifs ?

« Si je dis le contraire je ne dis pas la vérité. Tout sportif rêve de porter le maillot de son pays et le représenter partout. Cela fait partie aussi de mes rêves et j’espère que ça se réalisera. »

Charles Sagna

Aboubacar Sy en compagnie de Thierno Ibrahima Niang, meneur des Lions

You May Also Like

About the Author: sport

Pin It
[ + ]
%d blogueurs aiment cette page :