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Le sport sénégalais sera bien représenté à l’Assemblée nationale pour cette 13e législature qui va démarrer ses travaux dans quelques jours. Avec deux membres éminents de la famille du sport comme députés, les sportifs auront en Seydou Diouf, président de la Fédération sénégalaise de handball, et Santi Sène Agne, président de la Fédération sénégalaise de handisport, deux avocats qui se sont toujours battus pour le relèvement financier du sport sénégalais.

Le premier était seul dans la 11e législature (2007-2012), voilà qu’il refait surface à l’occasion de la 13e législature (2017-2022) en bonne compagnie avec le second qui en sera à sa première. Deux défenseurs donc du sport sénégalais qui devront convaincre leurs pairs de l’Assemblée nationale pour un relèvement de l’enveloppe financière destinée au sport que les sportifs sénégalais ont toujours plaidé. Le premier s’exprime à quelques jours du démarrage des travaux de l’Assemblée nationale.  

Président de la Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains, Seydou Diouf estime qu’il s’agira « de poser le débat et de sensibiliser ses pairs députés à l’Assemblée nationale afin que les moyens soient donnés au ministère pour résorber les questions brûlantes de l’heure ». Mais, à son avis, les chantiers sont importants, nombreux et diversifiés. Avec l’espoir qu’un jour le Fonds national de développement du sport sera mis en place et dans lequel tous les sportifs se retrouveront. « Aujourd’hui, à l’Assemblée nationale, bien que nous y soyons en tant que députés du peuple sénégalais, il s’agit de prendre en compte toutes les préoccupations. C’est vrai que les besoins sportifs sont également là car le sport participe à la cohésion sociale de notre nation et c’est donc un facteur important de socialisation entre les jeunes, mais aussi il a une vocation d’amélioration de la santé publique et de la citoyenneté », a-t-il dit d’emblée.

Et, pour toutes ces raisons, Seydou Diouf pense que le sport a un caractère transversal. « Avec mon collègue Santi Sène Agne, nous continuerons de vivre le sport au quotidien dans ses joies et difficultés. Et forcément, dans nos réflexions, dans notre posture parlementaire, cette dimension-là, le monde sportif dans lequel nous évoluons au quotidien, fera partie de nos préoccupations majeures », a-t-il assuré. Cependant, Seydou Diouf n’oublie pas qu’il y a eu des évolutions significatives, quand même, pour avoir déjà été député durant la période 2007-2012 avec les efforts faits pour la promotion du sport, tant du point de vue de l’accompagnement des fédérations nationales que du point de vue de certaines infrastructures. « Ces efforts se sont même amplifiés sur la période 2012 à aujourd’hui. Sur ces deux registres, aujourd’hui les grands chantiers de l’Etat avec la rénovation de l’ensemble des stades régionaux, la construction de nouvelles infrastructures avec des coûts extrêmement élevés, l’arène nationale c’est une vingtaine de milliards de FCfa, idem pour le Palais des Sports. Je pense que l’effort budgétaire de l’Etat dans le développement des infrastructures sportives est reconnu par la famille du sport. Ceci nous le devons à la bonne volonté du président de la République, Macky Sall, du ministre des Sports, Matar Bâ, mais aussi l’effort budgétaire d’accompagnement des compétitions internationales. Parce que, très souvent, en parlant du budget du ministère des Sports, on se limite à l’affichage de la loi des finances initiale. Souvent, on dit que pour les compétitions internationales, il y a 900 millions de FCfa. Mais la réalité est tout autre dans l’exécution du budget. Car, dans ces 900 millions qui font l’objet d’un arbitrage, il n’y a presque pas le football. Or, un seul match de l’équipe nationale de football, si c’est au niveau local, c’est 150 millions et à l’extérieur c’est entre 250 et 300 millions. Et combien de fois les équipes nationales de football sont sorties ? » s’est-il interrogé.

Plaidoyer pour le Cneps de Thiès

Et pourtant, de l’avis du président de la Fédération sénégalaise de handball, « cette année l’arbitrage budgétaire n’a pas pris en compte, par exemple, l’Afrobasket dames et hommes ; et pourtant ces compétitions se sont déroulées et le Sénégal y a participé. Mieux, tous les engagements qui avaient été pris par le Ministère des Sports pour répondre aux sollicitations des fédérations ont été exécutés. Ce qui veut dire qu’entre l’affichage des 900 millions et l’exécution finale à la fin décembre 2017, si on regarde bien la problématique, on se rend compte qu’il y a un fossé, sinon même le doublement du montant de 900 millions. Cela aussi a été rendu possible par l’accompagnement du Ministère des Finances », a-t-il souligné. Et sur cette question, il s’est réjoui de la collaboration du Ministre des Sports qui fait dans la transparence, dans la gestion des crédits budgétaires alloués et qui permet, chaque fois qu’il y a de nouvelles sollicitations, de faire face à des compétitions qui n’étaient pas forcément planifiées au début de l’année budgétaire, que le Ministère des Finances puisse y répondre avec toutes les diligences requises.

Administration du Ministère des Sports

« Je pense que c’est un élément extrêmement important. Maintenant on doit aller un peu plus loin sur autre chose. Moi je n’ai pas de doute que l’Etat mettra toujours les ressources pour permettre à nos sélections nationales d’aller en compétition. Mais là où nous devons travailler avec le Ministère des Sports pour renforcer le dispositif d’accompagnement financier, c’est un peu ce qui concerne la promotion des activités normales des fédérations nationales. Car, il faut que les conventions d’objectifs qui ont été expérimentés soient évaluées du point de vue de leur exécution budgétaire et apport qualitatif dans les objectifs qui étaient fixés. Certes on a fait le choix d’une quinzaine de fédérations pour expérimenter cette convention, mais toutes les fédérations sont en attente de disposer de convention d’objectifs », selon le député.
Avec la nouvelle législature, Seydou Diouf s’est inscrit à la commission des lois et à la commission jeunesse, éducation et sports. Parce que, de son point de vue, tout comme celui de son collègue Santi Agne, il faut accompagner et sensibiliser les collègues députés afin qu’ils comprennent que le plaidoyer en matière sportive est un plaidoyer pour une activité saine et assez ciblée sur un certain nombre de choses. « Nous sommes dans des chantiers extrêmement importants qui vont situer l’avenir du sport sénégalais dans le long terme. Aujourd’hui l’effort de formation doit être soutenu, mais si l’on regarde le budget du Ministère des Sports, on se rend compte que la direction de la formation et du développement sportif n’est pas suffisamment dotée en crédit budgétaire. Car, aujourd’hui l’essentiel des ressources du ministère des Sports va vers les compétitions internationales et les infrastructures. C’est bien de continuer cet effort, mais il faut comprendre aussi que si l’on veut avoir une politique sportive solide, il faut qu’elle soit adossée à la formation ». D’où le combat à mener au sein de l’Hémicycle.  
Sur un autre registre, Seydou Diouf s’est penché sur la création d’un centre d’excellence et le cas du Cneps a attiré son attention pour souligner que « le gouvernement doit comprendre qu’investir 4 à 5 milliards de FCfa sur ce centre, c’est diminuer les charges de regroupement d’un certain nombre de fédérations, y compris des sélections nationales. Cela peut créer un environnement qui incite à la culture de la performance. Le Cneps mérite cela au vu de sa vocation. Cette structure mérite qu’on se penche sur son devenir afin que les sportifs qui s’y rendront sentent qu’ils sont vraiment dans un centre où se cultive la performance. Donc les chantiers sont nombreux, et il faut y aller par étape et selon les priorités. Un autre sujet qu’il compte souligner dans les débats à l’Assemblée nationale.
« Aujourd’hui si l’on regarde le profil du personnel de ce ministère, on se rend compte qu’il y a eu beaucoup de départs à la retraite et qui n’ont pas été remplacés. Dans les services départementaux et régionaux, c’est à la limite un inspecteur qui se bat pour faire tout le travail. 
Parce que dans le cadre de l’encadrement, les conseillers techniques régionaux ou départementaux n’existent plus.

Là, il faut emmener le ministère de l’Education nationale à coopérer davantage dans la gestion des professeurs d’Eps qui doit être une dimension partagée avec le Ministère des Sports. C’est important car lorsqu’on a un problème de déficit de cadres dans le secteur sportif, il ne faudrait pas que tous ceux qui sortent de l’Inseps, maîtres d’Eps ou professeurs d’Eps se lancent tout de suite dans des carrières administratives. Alors qu’ils sont tous des optionnaires d’une discipline sportive ». 
C’est pourquoi, il estime que les deux ministères doivent travailler ensemble afin que les conseillers techniques régionaux qui doivent accompagner la pratique de la discipline sportive à l’échelle locale soient des sortants de l’Inseps. « Mais je crois que tout cela dépend d’une définition d’une politique sportive claire ; des réflexions ont été menées au Ministère des Sports et un projet de code des sports a été élaboré, mais jusqu’à présent on n’a pas trop avancé », se désole-t-il.

Financement du sport : « une affaire de tous »

« Il faut que tous les acteurs comprennent que le financement du sport n’est pas seulement l’affaire de l’Etat. C’est en somme l’affaire de tous. Car, dans tous les pays où le sport s’est développé, il s’est reposé sur les leviers que sont l’Etat, les collectivités locales, les sponsors et même les mécènes. 
Il faut donc une réflexion partagée car l’avantage aujourd’hui et comme l’a souhaité le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, c’est que notre institution soit beaucoup plus ouverte sur les associations afin que cette fonction de représentation soit mieux prise en charge par les députés. 
Cette ouverture de l’Assemblée nous permettra au sein des différentes commissions techniques, particulièrement au sein de la commission jeunesse, éducation et sports, de travailler avec les fédérations et groupements sportifs ».

Augmentation du budget du Ministère des Sports

« On est revenu maintes fois sur ce sujet en demandant d’augmenter le budget à un pour cent ; moi je pense qu’on doit régler les problèmes quand ils se posent. Je vous donne un exemple : aujourd’hui nous avons beaucoup d’athlètes individuels et même dans certaines disciplines collectives nous avons des médaillés. Par exemple, aux Jeux africains de 2011 et 2015, on a eu des médaillés, mais à ce jour ils n’ont pas reçu de primes. Ce sont des questions à régler, ce sont des montants qui ne sont pas exponentiels. Heureusement que l’esprit sportif prévaut et que dans les différentes fédérations tout comme au Cnoss, des discours responsables sont tenus à l’endroit des athlètes. Sinon certains ont tôt fait de faire le parallèle entre les primes payées pour des récompenses dans certains disciplines, alors que des médaillés d’or, d’argent ou de bronze sont en train d’attendre depuis 8 ans. Je crois qu’on doit travailler dans cette équité. Nous sommes tous conscients que si le football gagnait le trophée continental, ce que nous souhaitons à la Fédération sénégalaise de football, l’engouement populaire, la joie, la cohésion sociale que cela va susciter n’est pas pareil à un trophée remporté par le handball ou le volleyball ou toute autre discipline. Cela peut ne pas plaire à certains, mais c’est la réalité. 
C’est pourquoi on parle d’équité. On est dans une situation où on a une conjonction de facteurs favorables. Le premier supporter de nos sélections nationales, c’est le président de la République qui est très attentif à la préparation et à la participation de nos athlètes aux compétitions internationales. C’est le premier à demander qu’on donne les moyens au sport ».  

 

Categories: Handball, une, Une Handball

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