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Le sauvetage de clubs sénégalais qui vivent de la «débrouille» et la réalisation des infrastructures de proximité. Ce sont les deux principaux chantiers auxquels, Louis Lamotte, candidat à la présidence de la Fédération sénégalaise de football (FSF), compte s’atteler pour rendre au football ses lettres de noblesse. Face à la presse hier, mercredi 9 août, lors d’un déjeuner dans un hôtel de la place, le premier président de la Ligue professionnelle, qui entend être «un président des chantiers» a listé les maux du football et les réponses qu’il compte apporter une fois porté à la tête de l’instance fédérale le 12 août prochain, lors de l’Assemblée générale élective. Chemise d’été, des lunettes d’intellectuel bien visées sur son visage, le téléphone à la main, Louis Lamotte répond à la fois à certains coups de fil, jette un coup d’œil sur certains sms qui n’arrêtent de pleuvoir. Face aux journalistes, le candidat à la présidence de la Fédération sénégalaise de football et son équipe se veulent convaincants. Après un diagnostic de la situation, le premier président de la Ligue professionnelle dit avoir suffisamment mesuré l’ampleur des dégâts dans notre football, surtout nos clubs qui selon lui, vivent de la «débrouille». Après la réforme de 1969 dite de Lamine Diack qu’il a brièvement revisité, M. Lamotte propose une nouvelle vision via une «rupture» totale. «Ensemble», il se dit convaincu que «nous pouvons libérer les énergies pour aller plus haut».  

«LE DEVELOPPEMENT DU CLUB,  MA PRIORITE» 

Pour ce, soutient-il, «il faut mettre un terme à la débrouille». «Aucun club n’est viable. Si nous continuons ainsi, nous allons assister à leur mort programmée. A défaut, nous allons continuer à vivoter et nous ne ferons pas le poids en Afrique», a déclaré Louis Lamotte, qui entend «inviter les acteurs à se pencher sur les dossiers afin de doter le club de patrimoine»

«25 % DES RESSOURCES FEDERALES AFFECTEES AUX CLUBS» 

Et d’ajouter : «je fais du développement du club une priorité. Depuis 45 ans, on fait dans la paresse. C’est presque un délit de non assistance de football. Voilà pourquoi, je tente un programme de réhabilitation en faisant passer de 2 à 25 % l’affection des ressources fédérales aux clubs. C’est l’effort qu’il faut faire pour garder le club en vie. C’est à dire initier le club au marketing. Les ASC doivent se mouvoir en ASC+E (Association sportive, culturelle et économique, Ndlr)». 

MODERNISATION DE FEDERATION SENEGALAISE DE FOOTBALL

«L’organisation actuelle de l’administration fédérale dans  ses composantes administratives et techniques ne permet pas la mise en œuvre de progrès de notre football à travers la conception, la diffusion et le contrôle de véritables politiques et programmes de développement. Or, la modernisation de l’Administration était l’un des chantiers prioritaires assignés à la première équipe fédérale post-normalisation par la FIFA et l’Etat du Sénégal à travers la feuille de route du Comité de Normalisation», rappelle Louis Lamotte dans un document remis à la presse. «Des lors, il n’est pas étonnant que, 8 ans après, l’équipe fédérale sortante n’ait pu entreprendre la moindre reforme», a-t-il indiqué.«C’est pourquoi dés l’an 1 de notre mandat, nous mettrons à plat l’organisation actuelle pour adopter celle préconisée par la FIFA, qui par ailleurs en vigueur dans la plupart des Fédérations modernes», promet-il.

RECHERCHE AUTONOMIE FINANCIERE

Dans sa critique contre l’équipe fédérale sortante, il soutient qu’une «fédération qui ambitionne le développement de son football ne peut pas vivre que des rentes (apports Fifa –Caf –Annonceurs–Equipementier)». «Aucune initiative susceptible de diversifier les sources de revenus n’a été engagée par l’actuelle équipe fédérale. Les ressources n’ont guère évolué depuis 2009 et leur affectation aux différents segments du football est déséquilibrée au détriment des clubs qui ne reçoivent que des subsides», se désole-t-il. «Nous proposons d’augmenter le budget fédérale à 5 milliards de francs CFA dans les 4 prochaines années compte non tenu des ressources additionnelles en cas de qualification à la Coupe du Monde 2018», a aussi soutenu M. Lamotte.

REHABILITATION  DES CLUBS

Dans l’axe 3 de son document, Louis Lamotte confie : «les rencontres et les échanges avec des centaines de clubs à travers les 14 régions du Sénégal nous conduisent à un constat déchirant : les clubs de football au Sénégal sont à l’agonie»Et d’ajouter : «La raréfaction des ressources financières, la dépréciation des manifestations sportives et l’absence totale de solidarité fédérale ont fini de plonger nos clubs amateurs comme professionnels dans une crise financière profonde. Les conditions de participation aux différentes compétitions organisées par le FSF sont de plus en plus hors de portée de plupart des clubs». «En effet, note-t-il, le renchérissement des frais de délivrance des licences, les difficultés liées aux coûts onéreux des transports lors des compétitions, même régionales, les frais d’organisation des matches (location stade, sécurité…), grèvent leurs maigres ressources et amènent certains à renoncer aux compétitions voire à leur affiliation». «Notre vision, c’est l’émergence d’un nouveau type de club au Sénégal, assis sur une viabilité à la fois sociologique et économique», dira-t-il. Avant de souligner ceci : «D’ores et déjà et pour soulager les clubs amateurs des multiples charges  financières qui jalonnent leurs engagements dans les compétitions, l’obtention des licences sera gratuite dés la saison 2017-2018. A terme, l’institutionnalisation de la licence unique telle que préconisé depuis longtemps par la FIFA sera effective».

REALISATION DES  INFRASTRUCTURES DE PROXIMITE

Un autre point qui a retenu l’attention de Louis Lamotte, ce sont les infrastructures. Sur ce dira-t-il, «Le Sénégal est le pays de la CEDEAO le moins doté en aires de jeu aménagées proportionnellement au nombre de pratiquants. En dehors de certains Centres de formation privés, il n’existe pratiquement pas de pelouses aux normes en gazon ou synthétique pour l’entrainement et l’apprentissage du football». Ce qui lui fait dire que «le football ne peut pas être développé dans un contexte de rareté des infrastructures de base» et que «l’idée est de résorber sur les 5 ans ce déficit, en aménageant des pelouses dans les grandes villes». 

REDYNAMISATION DE LA DIPLOMATIE DE FOOTBALL

«Même s’il n’a jamais gagné un trophée continental majeur, soutient Louis Lamotte, le Sénégal demeure un grand pays de football et de footballeurs qui continue d’offrir au monde de grands talents». Par conséquent, dira-t-il «il doit occuper la place qui est la sienne dans le concert des nations de football africain et mondial».«Nos relations actuelles avec la Caf et la FIFA souffrent des positions hasardeuses que nos responsables fédéraux ont adoptées lors des derniers renouvellements de ces instances», a-t-il également regretté.Avant de conclure en ces termes : «Dans le très court terme, nous voulons faire rayonner de nouveau le Sénégal sur l’échiquier continental et mondial en normalisant et en approfondissant nos relations avec la Caf et la FIFA».

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