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Assy Seydi est la capitaine de l’équipe de rugby à 7 du Sénégal. Elle raconte comment elle est tombée par hasard dans le rugby féminin et comment ce sport a changé sa vie.

Le Sénégal n’est peut-être pas la plus grande nation d’Afrique en termes de licenciés – 16 514 au dernier recensement – mais on y découvre des profils de véritables passionnés. Assy Seydi est de ceux-là. Née dans le football qu’elle a pratiqué pendant une dizaine d’années, la jeune joueuse s’est littéralement révélée dans le rugby sous l’égide de Rugby Afrique, la fédération qui, depuis 2015, a décidé de miser sur le rugby féminin.

« Je ne savais même pas comment on tient la balle, comment on fait les passes. Mais en écoutant simplement les explications de l’entraîneur, ça m’a permis de comprendre comment se joue le rugby », raconte celle qui a découvert par hasard ce sport d’équipe en 2009.

« Une amie m’a poussé à aller voir. A chaque fois qu’on pratique quelque chose, il faut essayer pour voir ce qu’il va se passer », raconte-t-elle. « Mon premier entraînement, j’ai tenu la balle, on m’a fait des passes, j’ai couru, j’ai fixé. On m’a dit : c’est ça le rugby, c’est ça que l’on cherche chez les rugbyman ; toi, tu as le potentiel. Si tu viens jouer au rugby, tu y arriveras. La copine qui m’a amené au rugby à abandonner. Moi, je suis restée. »

OUVRIR LES FRONTIÈRES

Très vite, son style marque les esprits. Une semaine après sa détection, Assy est intégrée. « J’ai passé la première pré-sélection. L’entraîneur m’a appelé, il m’a beaucoup apprécié, encouragé. Il m’a dit que si je me concentrais bien, j’allais être dans l’équipe. Avec ma lucidité et ma concentration, j’ai été intégrée et maintenant je suis capitaine », dit-elle, satisfaite.
Aujourd’hui à Dakar, éducatrice dans la Maison du Rugby, elle avoue tout devoir au rugby. « Grâce au rugby, j’ai eu la chance d’avoir tout ce que je veux. Là, où je dors, chez moi, c’est grâce au rugby que je l’ai eu », reconnaît-elle. Depuis, elle a traversé les frontières, jusqu’au Maroc, au Kenya ou en Tunisie où pointe également le rugby à 7 féminin.

“Dans le rugby, ce qui compte c’est l’intelligence. Si t’es pas intelligent, il vaut mieux arrêter. Ce n’est pas la force ou la taille qui compte.”

Assy Seydi

En septembre 2016, le Sénégal a terminé 6e de la Coupe d’Afrique féminine à 7. L’édition 2017 sera qualificative pour la Coupe du Monde 2018. La compétition – dont les dates ne sont pas encore confirmées – se jouera entre l’Afrique du Sud (vainqueur 2016), le Kenya, l’Ouganda, la Tunisie, le Sénégal, Madagascar, la Namibie et le Zimbabwe. Bien partis, le Kenya et l’Afrique du Sud participeront au préalable au tournoi de qualification de Hongkong début avril 2017 afin de décrocher une place sur le circuit mondial féminin.

TRANSMETTRE

Mais plus que jouer, ce qu’Assy Seydi aime le plus aujourd’hui, c’est entraîner. Passer le flambeau aux plus jeunes. Transmettre ce qu’elle a eu la chance d’apprendre. « Gagner c’est très beau, mais il faut savoir perdre aussi », martèle-t-elle. « Dans le rugby, ce qui compte c’est l’intelligence ; il y a du respect, de la solidarité aussi. Mais c’est l’intelligence qui est important. Si t’es pas intelligent, il vaut mieux arrêter. C’est comme la lutte : si tu n’es pas intelligent, tu ne sais pas comment tu vas faire pour faire tomber ton adversaire. Ce n’est pas la force ou la taille qui compte. Par exemple, je suis petite mais je plaque des gens plus grands que moi. »

Pour toutes ces raisons et tant d’autres plus personnelles, Assy Seydi ne regrette absolument pas son choix opéré au tournant de 2010. « Avant, j’ai joué au foot pendant dix ans. Je n’ai jamais été sélectionnée dans l’équipe nationale, même si je faisais partie des meilleures joueuses du Sénégal. Le rugby m’a sélectionnée en premier. Maintenant, j’ai laissé tombé le foot », sourit-elle.

Worldrugby

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